Mes personnages s'éloignent parfois tout de même de moi, pour jouer une sorte de tour à mes propriétés. Ils se promènent, une fois la ville fermée, voir, si, tout mes repères, mes images closes,
existent belles et bien quelque part, pas trop loin. S'il y a encore un lieu qui pour moi se garde ouvert, s'il fallait le voir. _ Ils les recherchent comme un passé à recréer. L'Univers est en
expansion. Respire dans toute ces vignettes qu'ils me ramènent de chez moi, de jour
Comme de Nuit.
Disons que je me promène, dans l'odeur de mes pâtissons. Chacune petite goule personnelle fuyant sur son tapis d'odeurs comme un grand rêve d'été.
Les vignettes bordent les murs comme lit de mon atelier.
Je me déplace plus aisément de ce corps lourd.
Dématérialisé aux livraisons.
A chaque petit pain laissé devant la porte. Et la bouteille de lait.
Tellement si ne s'ensuivait ce grand
Mouvement de repli
Les choses s'abattent sur la maison
Murs assombris
Comme un orage
Toutes ces images
Doivent se terrer quelque part
Quand vient le jour.
Les feuilles des livres
S'ébattent
En un bruit d'automne
Déjà, sèches.
Je rêve que chaque signe de chaque livre, de chaque relecture _ je ne les ouvrirai plus, relève, comme le ferait la poste, de cette effraction du monde. Qu'elle lui correspond.
En quelque lieu, chaque livre fermé.
Je rêve de chaque tranche
Comme de mon propre livre.
Par Aimé B
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Publié dans : Aimé Brioche
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