La fille aux cheveux bleus

Publié le par manad

Salut les blogueurs fous, que je vous raconte un peu puisque c'est mon job...
On m'a envoyée au salon du livre de Paris pour représenter le blog. J'avais tout ce qu'il faut : le stand, le matériel de promotion, et même une table ronde juste avant. Y'avait Clara, là, qui tchatchait sur un truc que j'ai pas pigé, évasion combat tout ça, c'était complètement débile. Tout ça pour dire qu'au fond c'était du pareil au même, l'évasion et le combat, le combat par l'évasion et autres conneries. Bon, elle avait l'air contente malgré tout, mais elle est strange cette Clara, un peu de littérature et hop elle est aux anges. Chtarbée, moi je vous dis. Moi franchement je m'emmerdais, j'avais envie de bouger, de les secouer tous ces gens qui faisaient une queue de trois mètres de long pour avoir la signature de Giscard d'Estaing ou de Picouly, ou de Christine Angot, ou d'Hervé Vilar, bref tout ça uniquement pour voir de près s'ils avaient bien tous la même gueule qu'à la téloche. J'avais envie de tout faire valdinguer, leurs stands, leurs mines satisfaites, importantes, oui oui j'ai la même gueule qu'à la télé, mais pas de trop près hein, me touchez pas surtout, et pas de postillons please... Bon OK y'avait aussi plein d'écrivains que je connais pas vu qu'ils passent pas à la télé, et ptête qu'ils étaient bien, ceux-là. N'empêche, j'en avais marre, alors c'est le mien de stand que j'ai fait valdinguer. D'ici et d'ailleurs, ben ce sera ailleurs. Je me suis cassée, et j'ai essayé de circuler dans la vague humaine à la soif de culture, de ture, de ture, et je sais pas comment je me suis retrouvée devant ces dessins. Enki Bilal il s'appelle, le gars qui fait ça. Une expo de ses dessins originaux. Ben scotchée, j'étais. Ouais, la nana aux cheveux bleus, puis rouges, grande, androgyne et qui sourit jamais, elle est comme moi. Ouais, c'est tout moi. Il lui arrive plein de trucs entre rêve et réalité, des trucs violents, du sexe, des guerres et des bombes, dans un  monde dévasté. Tout moi, je vous dis.
Je suis restée là longtemps, devant ces dessins, ces corps nus et beaux et forts, lumineux-tristes, le temps a passé, je sais pas combien de temps, longtemps je crois, ou alors juste trois secondes, on sait pas des fois. C'était une révélation, inéluctable et sans appel...
Je suis sortie de ce salon du livre où je n'ai vu aucun livre, juste ces images.
Puis, sans réfléchir, je me suis rendue chez le coiffeur.
Depuis, j'ai les cheveux bleus.

Epiphanie

bilal-4.jpg
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Publié dans Epiphanie

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A
merci pour l'entête clara, c'est trés bien, allez on est reparti, préparons le retour de "M"
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D
t'es drole toi
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C
C'est kiki a mis les 2 poèmes mélangés, en en-tête du blog ?
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