Hommage à Discret

Publié le par blogueur d'ici et d'ailleurs

(On a toujours besoin d'un plus discret que soi (Ad age)



"Mais soit qu'il ne comprît pas, soit qu'il ne voulût pas répondre, il ne répondit pas, mais s'en alla sans un mot, sans un mot pour moi je veux dire, car il parla à son chien qui l'écouta attentivement, les oreilles dressées. Je me mis à genoux, non, ça ne va pas, je me mis debout et je regardai s'éloigner la petite caravane. Je l'entendis siffler, le berger, et je le vis qui faisait des moulinets avec son bourdon, et le chien qui s'affairait autour du troupeau, qui sans lui serait sans doute tombé dans le canal. Tout cela à  travers une poussière étincelante et bientôt à travers cette bruine aussi qui chaque jour me livre à moi et me voile le reste et me voile à moi. Les bêlements s'apaisaient, soit que les moutons fussent moins inquiets, soit par l'effet de leur éloignement, ou j'entendais peut-être moins distinctement que tout à l'heure, ce qui m'étonnerait, car j'ai l'ouïe assez fine toujours, à peine un peu émoussée vers l'aube, et s'il m'arrive de ne rien entendre pendant des heures c'est pour des raisons dont j'ignore tout, ou parce qu'autour de moi tout devient vraiment  silencieux, de temps en temps, alors que pour les justes les bruits du monde ne s'arrêtent jamais."



Beckett       Molloy   p 47

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D
bon beh je sais ce qu'il me reste à faire, je vais commandé beckett à la fnac, merci monsieur
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