philanthrop' Arthur Schopenhauer

Publié le par Galinette

Les 9/10ème, au moins, de notre bonheur reposent exclusivement sur la santé. Car, au tout premier chef, la gaieté de notre humeur dépend d'elle. là où cette dernière est présente, les circonstances les + désagréables et les + adverses semblent davantage supportables que les + heureuses dans lesquelles la mauvaise santé rend maussade et inquiète. Qu'on compare la façon de voir les mêmes choses les jours de santé et de bonne humeur avec celle des jours de santé défaillante. Non pas ce que les choses sont réellement dans le contexte apparent de l'expérience, mais ce qu'elles sont pour nous dans la conception que nous avons, voilà ce qui nous rend heureux ou malheureux. Par suite, la santé et la bonne humeur qui l'accompagnent peuvent tout remplacer, mais elles, rien ne les remplace. En fin de compte, impossible de jouir d'aucun bonheur apparent sans la santé, et par conséquent il est absent chez l'homme accablé par la maladie. Avec elle tout est source de plaisir : c'est pourquoi un mendiant en bonne santé est + heureux qu'un roi malade. Ce n'est donc pas sans raison qu'on se demande toujours mutuellement comment on va et qu'on n'interroge sur rien d'autre, et qu'on se souhaite une bonne santé : car elle représente 9/10ème de tout bonheur.
Il s'ensuit que c'est la pire de toutes les folies que de sacrifier sa santé pour quelque cause que ce soit : acquérir des biens, devenir savant, gloire, avancement professionnel, et même pour les joies de Vénus et les plaisirs fugaces. Au contraire, tout et le reste doivent lui être subordonnés.

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G
Un thème bien connu de tous, mais qui touche "mes sens" en ce moment...
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