Premier mai
C'est le premier mai.
Il est 5h45 et par le velux entrouvert j'entends l'écho d'un "Joyeux anniversaire Magali".
Magali, ce n'est pas moi. Je peux donc me rendormir.
Mais , inquiétude : une rumeur grossit non loin de cette chambre, non loin de cette maison. Provient de ce qu'on appelle ici "le champ commun". Tout un programme....
Ronronnements, roulements, claquements, voix.
C'est le premier mai : ça me revient.
Café, vieux jean, vieux marcel bleu.
Monter dans la poussière, fouiller un certain temps dans des restes endormis.
Et soudain, l'exhumer.
Sur le carton est écrit : VIDE-GRENIER
Vide- grenier. C'est le premier mai.
Inutile inventaire, rien à gagner. Matériellement, s'entend.
Mais rien à faire, on y court. Immuable rendez-vous. Juste pour rigoler.
Ils en sont déjà au petit blanc.
L'un est assis sur un trône de porcelaine immaculée, l'autre vend deux fers à repasser.
Il y a même le CGT qui sèche la manif, et des enfants qui dénichent d'improbables trésors en plastique.
Plus tard, dans la cuisine, deux brins fichés dans un vase en étain. Le sous-plat est rouge et la toile cirée jaune....rien ne va ensemble et c'est ça qui est bien.
Comme au vide -grenier.