Le Prince de la nuit 1937 Henri Michaux

Publié le par m





michauxprincenuit.jpeg


    "Dès  que je commence, dès que se trouvent mises sur la feuille de papier noir quelques couleurs, elle cesse d'être feuille, et devient nuit. Les couleurs posées presque au hasard sont devenues des apparitions... qui sortent de la nuit.

     Arrivé au noir. Le noir ramène au fondement, à l'origine.

     Base des sentiments profonds. De la nuit vient l'inexpliqué, le non-détaillé, le non-rattaché à des causes visibles, l'attaque par surprise, le mystère, le religieux, la peur... et les monstres, ce qui sort du néant, non d'une mère.

     Ce sans quoi la lumière n'a pas de vie intéressante. Dans des pays de forte lumière comme les pays arabes, l'émouvant c'est l'ombre, les ombres vivantes, individuelles, oscillantes, picturales, dramatiques, portées par la flamme frêle de la bougie, de la lampe à huile ou même de la torche, autres disparus de ce siècle.

Obscurité, antre d'où peut tout surgir, où il faut tout chercher."

Michaux Commentaires des tableaux noirs in "Emergences-Résurgences" Skira

Publicité

Publié dans m

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Je viens de relire.. ben oui, on relit... <br /> je repleure... c'est magnifique
Répondre
C
beau, beau, beau... ça me tire des larmes....
Répondre
H
Agir, je viens<br /> Poussant la porte en toi, je suis entré<br /> Agir, je viens<br /> Je suis là<br /> Je te soutiens<br /> Tu n'es plus à l'abandon<br /> Tu n'es plus en difficulté<br /> Ficelles déliées, tes difficultés tombent<br /> Le cauchemar d'où tu revins hagarde n'est plus<br /> Je t'épaule<br /> Tu poses avec moi<br /> Le pied sur le premier degré de l'escalier sans fin<br /> Qui te porte<br /> Qui te monte<br /> Qui t'accomplit<br /> <br /> Je t'apaise<br /> Je fais des nappes de paix en toi<br /> Je fais du bien à l'enfant de ton rêve<br /> Afflux<br /> Afflux en palmes sur le cercle des images de l'apeurée<br /> Afflux sur les neiges de sa pâleur<br /> Afflux sur son âtre.... et le feu s'y ranime
Répondre
L
OUi oui vous avez raison, kesskech'fous à c't'heure sur mon ordi? ben je fais des sauvegardes, en préparant son agonie prochaines, pis jeme suis bêtement laissé emporter...
Répondre
L
C'est pas bête du tout Clara, c'est vrai qu'elle impressionne cette phrase... très beau texte... Ici, dans le Sud aussi on a beaucoup de lumière, et des ombres, souvent salvatrices par temps caniculaires... Avant, au "cabanon" il n'ay avait pas d'électricité, on s'éclairait aux bougies, j'aimais ça, ça faisait danser les visages...
Répondre