La légende de Dédé

Publié le par m

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Au départ, normal, tout est en vrac y compris le facteur et sa moustache en guidon inversée de vélo. Il faut juste retenir un détail de toute cette histoire pour qu'elle devienne comme une légende, et puisse être, dans le meilleur des cas, partagée. On retient ce qu'on veut, juste il faut qu'on puisse l'étoffer, lui redonner quelques couleurs qu'a ou n'a pas, la vie. Ensuite, comme l'agrégation de plusieurs temps autour d'un seul élément - le passé n'est même pas passé mais reste contigu à ce qui ne cesse de se vivre, pourtant. On ajoute quelque chose à cet état des choses, on parvient à infléchir ou à provoquer d'autres lignes ; parfois cela se déroule mieux, se passe "tout seul", lorsqu'on est repris par quelqu'un, qu'on travail à plusieurs et cela fait comme ces encoches dans le réel, ces boîtes à lettres où l'on dépose ce qui pourrait faire tourner la vie, du moins la faire exister, du moins faire de la vie dans la vie. Tout était démonté, mais subsistait comme une hernie, dans le dos du facteur.
Le cyclo-cross est comme l'avatar ultime du geste du facteur, descendre-remonter "à l'américaine" dans des pentes si problématiques qu'elles sont comme un courrier toujours déjà trop lourd à poster, une sacoche de plomb. Le Dédé a fait le lien, y savait qu'il y avait un problème et l'a résolu tout-de-go à sa manière (il invente le concept, à nous de retrouver le problème) en r'découvrant le guidon plat et le jeter-de-jambe modernisse. Faudrait voir, retrouver les films super-huit, les aventures des pavés et des terre-grasses sous les roues crantées pour revoir ces aventures du style, et puis le porté-de-vélo, sur l'épaule ou le passage-en-force, parfois moins efficace... faudrait voir comme par le trou de la tente, du cinématographe.

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Pour inventer un geste, y compris de voir la chambre à air, c'était peut-être alors les antiques boyaux qu'il fallait démonter et que seules les mains surpuissantes des forçats de la route et des bois pouvaient dérouler comme à couvert de ce qui s'appellerait déjà la jante : un emplâtre sur une jante de bois. Y compris de l'incorporer dans le magasin et de la voir tourner en pellicule, en photogrammes pour dérouler, dévoiler, (dur à faire avec une petite clef ronde, et rayon par rayon, de l'art brut), puis y compris le geste devant-derrière (la caméra), de joindre le geste à l'absence de parole, se pencher pour que d'un seul mouvement et d'un seul souvenir, quelque chose naisse.

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Et hop, pas du tout une tortue, eul'Dédé, hop, la tête haute, hop hop, à l'américaine, faire vivre sa famille et tout le monde avec et le fils aussi, lui aussi coureur cycliste lui aussi forte-tête, eh match de la vie, une question de style on vous dit, les zotres pouvaient bien s'accrocher il avait le geste et devant derrière, le style aussi d'arracher une parcelle d'espoir et de... gloire aux déclassés, fallait qu'ça aille vite, fallait gommer, redonner ses gestes de noblesse au style par l'image par la manière dont quelque chose emporte et résiste, de l'art populaire, pas du dopage, du gratuit, du tutoiement d'étoiles.
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C
Ah ça y est, c'est l'antépathie.
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C
Comment se fait-il qu'on ait la nostalgie d'un temps qu'on n'a pas connu ? Ca a un nom, ça, en pataphysique, je sais plus lequel, d'ailleurs méfiez-vous on est déjà en train de se dire : ah sous Chirac, qu'est-ce que c'était bien...
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P
oui tu as raison, Lunette... et je pense aux "triplettes de belleville";..et aussi à une statue qui me plaît beaucoup au milieu du rond point à l'entrée de la ville de Revel dans le Tarn (précis, hein?)mais je ne me rappelle plus le nom du sculpteur..je  cherche...ça fait beaucoup pour mon cerveau
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L
Et la tournée, à l'américaine ! Hélicoptère...Et la saccoche pleine de lettres de tourner à 360° autour du facteur pédalant tout en apposant consciencieusement le cachet de la poste...  Que du bonheur... Et Jour de fête.
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P
oui, on s'y croit, on y est...je crois qu'on peut vraiment dire que c'est plus ce q'c'était mon brave monsieur
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