Histoire vraie

Publié le par Blogueur d'ici et d'ailleurs

Ils étaient là, couchés les uns sur les autres, frottant leurs corps morts dans une identique horizontalité.

Hier encore, ils étaient debout, droits, vivants.

Hier encore ils touchaient le ciel du bout de leurs cheveux, plongeaient leurs racines ancestrales au plus profond de la Terre Mère.

Hier encore, ils se tenaient face au vent, debout, droits, vivants.

 

Des rumeurs flottaient dans l’air depuis quelque temps déjà, auxquelles personne ne pouvait prêter attention, à moins d’accepter l’inacceptable. Evidemment, ils avaient construit un mur et des grillages mais cela n’importait pas, ne disait rien.

L’enfant s’était bien arrêté un instant, avait questionné le père. Celui-ci avait serré sa petite main, accéléré son pas. L’enfant demandait trop : le silence n’engage à rien.

 

Cela s’est passé la nuit. Leur mort s’est passée en une nuit. Abattus un à un, dépouillés de leur parure, empilés les uns sur les autres, ils sont morts sans un cri, sans savoir non plus pourquoi ils mouraient…

 

Ils sont là, couchés, frottant leurs corps froids comme pour se réchauffer une dernière fois avant de partir en fumée retrouver les nuages qu’ils touchaient, le vent qu’ils défiaient, avant de retomber sur le sol où leurs cendres reposent en paix, au ventre fécond de la Terre Mère.

 

Ils sont là devant mes yeux apeurés, sous mon crâne triste, ils sont là tous ces arbres abattus afin que l'homme agrandisse son "espace vital". 

Mais se consoler de cette idée : ce qu’ils leur ont fait, ils n’auraient jamais pu le faire à leurs semblables, ces autres hêtres humains.

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Publié dans Le Morio

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A
C'est vrai que la fin aurait pu être meilleur, si seulement Cissé avait joué, ou si Nasri avait marqué on aurait fait match nul, mais non l'OM a perdu et apparement sur ce blog tout le monde se fout de ce fait gravissime.
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B
"Aime le mot dit" : je fais tienne cette devise Cher M, capable de défendre les glissements de tons, de texte, de terrain contre vents et marées. Belle leçon de lecture.
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L
M'zelle Precy, c'est "Le Morio" mon pseudo et pas "Morio", ni Super, ni Mario, ni Bross : L-e M-o-r-i-o... Un pseudolepipdoptère et non mortifère. Nan mais !C'est la sincérité qui nourrit la confiance... Elle est présente entre nous surtout d'ici d'ailleurs.Mais comment s'assurer de celle du lecteur muet ?Precy quelle acuité : ça  c'est drôle !
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M
Et puis le texte me semble profondément en raisonnance avec la Shoah, on a tous en mémoire certaines photos... et puis les petits bois de bouleaux (Birkenau), et le rapport ou l'absence de rapport à la mémoire, à la nature qui entourait tout cela, au silence, aux chants des oiseaux (il y a de nombreux passages dans le Lanzmann sur ces choses) ;  pour la fin c'est vrai y'a ce côté redondant, qui fait pencher vers le jeu de mots ce texte sombre ; peut-être est-ce aussi une manière de ne pas tout-à-fait le faire basculer vers un côté tonal classique, mais introduire comme un doute, un sifflement du côté du sens et de l'artificiel, de tout langage contre tout bûcher...
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C
Ah oui, sans les deux dernières phrases, ce serait parfait, c'est vrai. Je cherche toujours midi à quatorze heures alors qu'il suffit souvent simplement de retrancher, de faire plus sobre. Precy, quelle acuité !
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