La graine et le mulet

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              j'aime bien cette image.  Pour  moi la plus  sensible, questionnante émouvante du film. Je sais pas si c'est toujours pareil mais là aussi la parole bouscule quelque chose qui ne donne pas lieu à une fin ou une absence de fin. Elle donne un corps, par sa distribution, par le souffle qui l'anime à une émotion qui ne nous ressemble pas, qui ne s'adresse qu'à elle-même.  Et puis le corps se retrouve à la fin, à force d'être mis en jeu, pris dans sa propre parole comme s'il devait l'incarner, rester lui-même, devenir à  la fin autre chose.

       On ne comprendra pas grand chose mais je me retrouve bien aussi dans les mots de barbouille, parce qu'ils sont simples comme un autre corps - parfois les plus simples on l'a vu pour les raboteurs, parfois comme un corps qui danse.

        Ce pourrait être une des justifications de l'hermétisme, créer ce corps qui danse et qui ne tient qu'ainsi, rythmique, pulsé - ou qui demande un corps,  comme une incarnation prochaine.
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B
Au commencement était le Verbe, on nous l'a assez répété...Mais quoi, quel Verbe ? Premier groupe, ceux-qui-savent-marcher debout ? Deuxième groupe, ceux-qui-savent-causer-assis.Troisième groupe, ceux-qui-n'ont-besoin-de-se-voir.Le verbe comme auxiliaire de l'existence engendre un sujet qui incarne un corps qui multiplie le verbe -comme d'autres les petits pains- qui vient nourrir la horde et semer le trouble (et réciproquement).Lâcher prise, ne pas vouloir tout comprendre, accepter cela que le verbe de l'autre ne nous dise rien, ne nous parle pas, ne nous soit pas destiné, nous atteigne en pleine tête.Accepter l'idée du geste gratuit et de celui qu'on paye de sa vie.L'écriture-phare de M a écrasé plus d'un insecte, plus d'un hérisson est mort de sa trop lente lecture. Il fait penser à Bardamu : laisse les verbes au bestiaire mon pote, ici tu peux t'accrocher à rien d'autres qu'au verbe. J'ai jamais pu aller au bout de la nuit pour cette raison qu'il n' y avait aucune prise et que, précisément, je n'étais pas prêt à lâcher prise. Va p't être falloir que je m'y remette, en commençant par le commencement...
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C
Les mots comme rythmes, simplement ? Une musique, quelques notes simples, un milliard d'interprétations ? Oui. Cela rejoint ce que nous dit Precy : on est libre de le faire, on n'a pas l'injonction trop répandue d'être clairs lisibles et précis. Juste y mettre tout son coeur ou tout ce qu'on veut. Alors allez-y m et Barbouille, faites danser les mots, z'êtes doués pour ça (avec le nez si vous voulez, allez hop là).
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