La graine et le mulet

j'aime bien cette image. Pour moi la plus sensible, questionnante émouvante du film. Je sais pas si c'est toujours pareil mais là aussi la parole bouscule quelque chose qui ne donne pas lieu à une fin ou une absence de fin. Elle donne un corps, par sa distribution, par le souffle qui l'anime à une émotion qui ne nous ressemble pas, qui ne s'adresse qu'à elle-même. Et puis le corps se retrouve à la fin, à force d'être mis en jeu, pris dans sa propre parole comme s'il devait l'incarner, rester lui-même, devenir à la fin autre chose.
On ne comprendra pas grand chose mais je me retrouve bien aussi dans les mots de barbouille, parce qu'ils sont simples comme un autre corps - parfois les plus simples on l'a vu pour les raboteurs, parfois comme un corps qui danse.
Ce pourrait être une des justifications de l'hermétisme, créer ce corps qui danse et qui ne tient qu'ainsi, rythmique, pulsé - ou qui demande un corps, comme une incarnation prochaine.
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