le comment du pourquoi

Publié le par m

Ah ben oui vous vous demandez bien pourquoi je vous emporte de ce frichti au dessert. Je sens que je vais avoir bien du mal à me justifier mais aléa...  La fille nue est pour le 1000ème, et Godard pour le nouvel an. Les deux sont pour l'amour, puisqu'on parlait de ça. Maintenir les traditions, quoi. (Je le remets dans cet ordre-là, de toute façon Shérazade veille qui r'met les choses en place. Et bien.)
Donc ça parle de lumière et de musique, peut-être de cinéma. C'est assez énervant. C'est assez émouvant.
En tout cas il s'agit d'un blason ( ne croyez pas que je vais vous commenter la scène, ça a déjà été fait des milliers de fois), on comprend rien à part l'émotion - pour ceux qui restent - même pas la citation qui est une fausse citation d'André Bazin - qui existe. Je sais pas c'est comme des bribes de trucs qui viendraient dans une scène de commande s'ajouter, et d'un lieu à l'autre recréer  la scène d'exposition.

C'est comme les larmes d'un enfant, l'émotion tellement forte, tellement dense qu'on croirait les choses éternelles, et qu'elles le sont. Encore fallait-il le dire, ou le montrer.
Y'aurait comme un négatif, - en passant - je crois que le travail n'est jamais montré (à l'écran), qu'il n'existe ailleurs qu'à l'état de masque, que ce qui s'absente du monde c'est l'aventure... ce qui n'est jamais montré le travail, la part de solitude, et que quand les choses se font on est comme sur un bord..., le travail se trouve rémunéré en univers, peut-être, mais que, disait Agamben, dans une certaine mesure il ne nous arrive rien, ou peut-être est-ce moi, reprenons.

Donc, on voit les chevilles de Bardot, et on sent que le corps de l'autre, est-ce le corps de l'amour, appartient à un seul moment qui serait comme le rêve (aussi fragile que le rêve) du papillon de Lao-Tseu, et peut-être même plus. Tout appartient à un seul moment. C'est notre part d'éternité. Et la beauté soit qu'il appartienne - après le narcissisme s'entend, au corps de l'autre. Qu'il touche et soit nommé par l'autre et par la voix de l'autre comme faisant partie de son corps.
On se laisse prendre (on, exactement) où débute la musique, on évolue dans cette surface éternelle qu'est le corps de l'autre, qui s'entend comme image et organes défiant le temps - alors qu'ils sont exactement le plus fragile, le plus "sujets", on s'en aperçevra -, au temps - c'est de cette antinomie que se nourrit le récit, celui-là en tout cas. L'image glisse dans cette sorte d'obscurité surface plane d'attention du corps des amants. Du coup quand la lumière change c'est encore autre chose et puis encore une autre obscurité et puis on reprend enfin la narration du départ (de la scène à Cinecitta) où quelque chose est annoncé, avec le générique et la phrase qui semble, avec l'adresse aux dieux de Coutard, anticiper, donner sa couleur au film "tendrement, totalement, tragiquement", quelque chose comme cela.
C'est peut-être une histoire de contraste (tout revenant au bleu) entre la scène à Cinecitta (décors déposés...) et ce cadre intime, repos des corps, drapés, dans ces plis-là.
On pourrait croire que ça se finit comme ça (on voudrait croire ?), tant on aime Piccoli, et sa voix, sa présence son tee-shirt (contraste encore) par rapport à Bardot, mais c'est elle qui reprend ces paroles (c'est drôle, on dirait que tout ce que dit Bardot est "en mineur", sur une sorte de pente qu'on ne comprend pas très bien, je crois que tout le film vient de là, de cette entente-là, de cette écoute peut-être ( de la reprise ?) ; de ce qu'elle dit l'aimer alors qu'elle le quittera, des deux éternités, de l'éternel et du tragique, et de leurs figures dans un dieu (Poséidon) et de leur amour dans un lieu (le Cinéma),  dont on pourrait tenir l'univers pour mort, de fiction. Donc c'est elle qui termine et c'est comme dans Rameau (dans Diderot du moins "Rira bien..."), on ne cessera pas de percevoir - et de ne pas comprendre, la parole manque -, ce mépris, les corps qui s'éloignent, un, puis un autre encore, puis comme toujours chez Godard y'aura comme l'absence d'histoire avec sa chute précipitéé, comme dans un roman noir, si rien n'avait eu lieu, à peine l'objet créé, - et si c'était l'histoire d'un meurtre, après tout.

requiescat in pace (!)
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C
salut les filles
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C
Salut Precy ! Ben j'ai pas encore repris le boulot, c'est qu'à la fin du mois, alors voilà, je suis toujours là (hyper à la bourre pour finir tout ce que j'ai à finir avant la fin de ma liberté totale, mais du temps pour le blog et pour vous, j'en trouve toujours).
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P
donc il y a toujours quelqu'un!comme au ciné lorsqu'on va voir un film "pas commercial"à un horaire "pas fréquenté"...on a peur d'être tout seul dans la grande salle et puis non...y a toujours quelqu'un en plus, je la connais un peutiens salut, Clara, qu'est ce que tu fais-là à ct'heure-ci?
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C
Oui enfin heu bon mille fois vu, disons que vous avez dû la voir 2000 fois pour que ça fasse une bonne moyenne avec le nombre de fois où moi je l'ai vu. Les zamis, il existe un monde où Godard n'est pas connu, voire... méprisé. Sisi. Moi perso je n'ai jamais entendu personne avant vous, de la vraie vie je veux dire, me disant qu'il connaissait bien ou aimait Godard. Je n'ai dû voir que les parodies, mais elles m'ont échappée, ne connaissant pas l'original. Je l'ai découverte, cette scène, il y a à peine quelques mois, alors que je visionnais un site de courts métrages et scènes cultes. Cela m'a donné envie de voir le film. Ce qui me séduit dans cet extrait, oui c'est la voix qui énumère ceux qui ont fait le film. Elle énumère d'une voix paisible et gaie d'évidence. Elle me dit : tu t'attendais à un générique comme d'habitude, avec des noms défilant que tu n'aurais pas lu ? Ecoute-moi bien et regarde-les, ceux qui vont te permettre de rêver, trembler, ou te questionner. Regarde la machine qui défile sur ses rails, poussée et chevauchée et accompagnée par ces gens qui travaillent pour toi, regarde-la s'avancer pour un travelling auquel tu ne penseras plus lorsque tu seras transportée dans le monde du rêve que nous aurons créé. Regarde-la s'avancer vers toi, et regarde son oeil qui te regarde, que tu regardes, qui te regarde, que tu regardes...Et nous tombons dans l'abyme, avec ce corps nu, qui est elle et nous à la fois, et cette musique. Musique très connue celle-ci, oui, connue de tous. On ne peut pas échapper à la musique, et elle ne peut pas être parodiée. J'avais été émue par elle avant de savoir qu'elle était celle d'un film, encore moins celui-là. Alors une émotion connue, musicale, décuplée par la scène pour laquelle elle a été écrite, et que je découvre. Les tonalités ne changent pas beaucoup de celle du générique, et il s'agit toujours d'une énumération. BB énumère les parties de son corps, comme Godard a énuméré les organes de son film. Elle le fait avec la même joie et la même évidence, parce qu'elle sait que Picoli, comme le spectateur, ne peut qu'aimer ce qui va le faire rêver : une jolie cheville ou un technicien, qui s'amuse à modifier l'éclairage pour qu'on ne l'oublie pas encore. On n'en a pas conscience tout d'abord, pourtant c'est parce qu'ils existent que le film et Bardot existent. Puis l'on sort du jeu de l'énumération pour arriver au sérieux de l'affaire : alors tu m'aimes totalement ? Godard réclame et obtient l'adhésion de tous avec cette phrase. Et cette réponse sublime, dite encore avec l'évidence de l'amour : je t'aime tendrement, totalement, tragiquement. Comme on aime le cinéma, quand on s'y perd au point d'en oublier les faiseurs.
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P
séquences décalées pour un petit déjeuner...même tardif!oui, on hésite peut -être à retourner vers cete scène mille fois (entr)vue parce qu'elle subit, comme tout classique, le revers de la célébrité...parodies, etc...du coup, il faut faire un effort pour s'arracher à toute cette épaisseur pour la regarder avec des yeux comme neufs... et subir à nouveau sa magie, qui change peut être avec l'âge du spectateurêtre touchée par un questionnement, tous ces détails, la parole,avoir besoin des mots, presque contre le geste de l'autre qui cherche du corps l'enveloppement total : en fait un décalage déjà entre euxet puis tu as raison, cette façon de désigner la fabrication, ce qu'il y a d'artifice dans l'art, les moindres détails là aussi; du coup, c'est opposer la technique à ce qui semble naturel , le groupe qui regarde à la scène intime qui se joueelle est émouvante, cette voix qui prens un soin extrême à détailler les noms, comme pour insister sur le fait que notre plaisir est le fruit d'un travail collectiftiens ça me rappelle quelque chose, ce drôle d'objet que j'ai entre les mains, et que je suis peut être la seule à contempler, à cette heure, par cette  matinée d'hiver un peu ouatée
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