oh mon dieu
Le mistral dans les feuilles de platanes lui souffle ses réponses… Elle martèle le sol de ses pas décidés, elle se chante sa chanson intérieure sur le rythme de ses pieds sur les pavés… Le ciel de ce dimanche est si parfaitement bleu qu’il la coiffe. Ses cuisses potelées frottent sa jupe d’enfant. Elle vole vers son rendez-vous. La lourde porte s’ouvre en un grincement sur la grotte magnifique. Elle s’avance vers sa place, deuxième rang, droite, entre la petite sœur Simone aux minuscules yeux bleus vifs derrière ses carreaux épais et Mme Perron, qui dirige les chœurs de sa voix chevrotante. La cérémonie commence, lys, dorures, majesté, devant l’incroyable loupiote rouge vivante sur l’autel. Son regard y revient toujours, comme si son Dieu, magnifié sur l’énorme fresque, martyrisé sur la croix inévitable, se concentrait, tout humble, magique, dans cette ridicule pyramide rouge à la lueur vacillante et anachronique. Alors elle contemple ses mains resserrées sur ses genoux, doigts liés, et la lumière des spots leur donne une perfection qu’elle ne voit pas ailleurs. Puis, anticipant sur le mouvement collectif, elle se lève, et entonne avec force le refrain tant ressassé, et les harmonies qui résonnent en accord avec l’orgue de la bande son la transportent littéralement hors d’elle, au paradis des très petites saintes, la joie absolue… J’ai pleuré plus d’une fois dans les églises, vous savez ? Et encore. La plainte, la distance, l’extase.
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