Comme neuve
Chaque matin, pour gagner mon pain
Je vais à la foire aux mensonges
Plein d'espérance
Je me range aux côtés des vendeurs.
Brecht Hollywood
Les chaussures devraient servir à marcher. A aller loin. Du coup, faut les choisir. Prendre soin. On les mettra d'abord, si on les trouve, le soir, comme les enfants, au bord de son lit, neuves, bien alignés, impassibles dans le noir - pour d'autres aventures. On partirait dans cette esprit-là. On achèterait "La nébuleuse du crabe", une méthode d'italien, un livre sur la grèce, tellement les guides sembleraient comme le bord d'un livre de Michaux, reconstitués. On pourrait proposer, par jeux, aux amis d'investir une carte - comme le faisait Stevenson quand il n'était pas encore en route avec son âne - de décrire ces pays, ces jeux de rivalités, ces peuples, comme d'autres mondes qui ne nous ressembleraient pas - ou si peu. On se souviendrait brièvement de son histoire, de la pluie qui s'avance comme un voile, ou de son approche contre les vitres à pas feutrés ou par averse - par avance. Du coup c'est un peu de ce qu'on projette qui va déjà avec elle, qui passe dans ces jeux de voyelles dans ce qu'on voudrait dire sans cesse pendant qu'on marche. Plus tard on s'apercevrait que ce qu'il y avait à dire serait perdu, qu'il faudrait le trouver dans le rugueux - pourquoi sinon marcher ? Que ce qui s'avançait ainsi serait retrouvé comme ça. En équilibre, d'un pas à l'autre. Et soi perdu dans les bruits de la nature, ou contenu, dans ce rythme proche. Une fois encore, on déplierait sa carte.

Et puis il y aurait l'intuition. Disons qu'il y aurait les deux. L'un contre l'autre. On n'y serait jamais vraiment. Parfois pas du tout, comme absenté. Excusé.
On n'y retrouverais pas son histoire. Ou dans le sens où son histoire n'a pas de fin. Ou dans le sens ou l'histoire n'est que la fin ; du corps. Sa dissolution. Le rendu de la carte à elle-même. A la clarté des noms et des pays. A n'être plus sur une commissure. A accepter le silence. Même plus une musique. Un silence.
On se balladerait, on se promènerait avec cela, tandis que les chaussures seraient dans la boîte. On joindrait tous ces éléments, rentoiler... ce serait une manière de voir.
De s'imaginer pour d'autres pays. Le tout serait de ne jamais coïncider avec soi. Sous aucun prétexte. Garder une longueur d'avance. Jusqu'au bout.
Je vais à la foire aux mensonges
Plein d'espérance
Je me range aux côtés des vendeurs.
Brecht Hollywood
Les chaussures devraient servir à marcher. A aller loin. Du coup, faut les choisir. Prendre soin. On les mettra d'abord, si on les trouve, le soir, comme les enfants, au bord de son lit, neuves, bien alignés, impassibles dans le noir - pour d'autres aventures. On partirait dans cette esprit-là. On achèterait "La nébuleuse du crabe", une méthode d'italien, un livre sur la grèce, tellement les guides sembleraient comme le bord d'un livre de Michaux, reconstitués. On pourrait proposer, par jeux, aux amis d'investir une carte - comme le faisait Stevenson quand il n'était pas encore en route avec son âne - de décrire ces pays, ces jeux de rivalités, ces peuples, comme d'autres mondes qui ne nous ressembleraient pas - ou si peu. On se souviendrait brièvement de son histoire, de la pluie qui s'avance comme un voile, ou de son approche contre les vitres à pas feutrés ou par averse - par avance. Du coup c'est un peu de ce qu'on projette qui va déjà avec elle, qui passe dans ces jeux de voyelles dans ce qu'on voudrait dire sans cesse pendant qu'on marche. Plus tard on s'apercevrait que ce qu'il y avait à dire serait perdu, qu'il faudrait le trouver dans le rugueux - pourquoi sinon marcher ? Que ce qui s'avançait ainsi serait retrouvé comme ça. En équilibre, d'un pas à l'autre. Et soi perdu dans les bruits de la nature, ou contenu, dans ce rythme proche. Une fois encore, on déplierait sa carte.

Et puis il y aurait l'intuition. Disons qu'il y aurait les deux. L'un contre l'autre. On n'y serait jamais vraiment. Parfois pas du tout, comme absenté. Excusé.
On n'y retrouverais pas son histoire. Ou dans le sens où son histoire n'a pas de fin. Ou dans le sens ou l'histoire n'est que la fin ; du corps. Sa dissolution. Le rendu de la carte à elle-même. A la clarté des noms et des pays. A n'être plus sur une commissure. A accepter le silence. Même plus une musique. Un silence.
On se balladerait, on se promènerait avec cela, tandis que les chaussures seraient dans la boîte. On joindrait tous ces éléments, rentoiler... ce serait une manière de voir.
De s'imaginer pour d'autres pays. Le tout serait de ne jamais coïncider avec soi. Sous aucun prétexte. Garder une longueur d'avance. Jusqu'au bout.
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