Le dernier tour

Publié le par m

Pour une fois, il ne s'agirait pas de deviner,
Encore un des tours de la représentation,
Comme si on pouvait inférer quoi que ce soit d'un visage, bon ou méchant, regard vide...
quoi encore

Comme à chaque fois, il s'agirait de faire le dernier tour
Autour de l'indifférence du monde
De tout dire 
Pourquoi attendre ?
Attendre quoi 
Tout dire

Pour une fois
Même dans le désordre 
Comme on joue un tour
Un dernier tour
A la vie

L'aller et le retour les 
Vieilles lumières
Comme on compte les voitures jusqu'à
Plus soif

Comme on compte sur soi
Comme on compte jusqu'à 
Revenir sur ses pas
Pour entrevoir
Ses
Contemplations

L'arbre changé
Puis le même
Puis un autre, encore
Ou sous la neige
Puis l'oubli

Tout se tient sous la cafetière
L'hiver, au soir
Sort encore différent
Etourdi,
Etouffé
De tant de lâcheté,
Dehors.

Il semblerait
Qu'elle doive
Attendre
Derrière son rideau rouge,
D'un livre
Quelque révélation,

Que les mots
De cette manière différente de les dire
En silence,
Pourraient affecter
Faire ployer
La matière même de sa vie
Même son corps
Deviendrait de cette manière
Drapé
De couleurs

L'expression et puis le corps
Et cette lumière du crépuscule,
"Amie de la pensée" s'il en est,
Et la vieille tour, 
Pourvu qu'on la devine,
Pourvu qu'elle la prenne à son tour
Contre sa propre vie

Qu'elle puisse enfin la voir
Dans sa propre lumière

Elle sortirait,
Ses vêtements seraient là
Comme un pli
Comme un corps neuf
Dans le monde


Un chemin neuf
Contre son coeur absent.

 
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M
Sorte de commentaire à "Scène de rue". L'emprunt est à De Quincey : "Les derniers jours d'Emmanuel Kant" :" A son retour de promenade, il s'asseyait à sa table de travail jusqu'au crépuscule. Durant cette période de lumière douteuse, si amie de la pensée, il restait en tranquille méditation sur ce qu'il venait de lire, pourvu que le livre le valût. Sinon il faisait le plan de sa leçon du jour suivant ou de quelque partie de l'oeuvre qu'il était alors en train d'écrire. Pendant cet état de repos, il s'établissait, hiver comme été, auprès du poêle, regardant par la fenêtre la vieille tour de Loebenicht, non point qu'on put dire proprement qu'il la voyait, mais la tour reposait sur son oeil, obscurément, en demi-conscience. Il n'y a point de paroles qui semblent assez forte pour exprimer le sentiment du plaisir qu'il tirait de cette vieille tour, quand il la regardait ainsi au crépuscule, dans cette calme rêverie."
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