L'écureuil

Publié le par m

Cet écureuil aurait pu ne jamais avoir lieu
Un peu ce qui se passe dans le voyage, quand on dit "aller voir ailleurs"
Cela a-t-il quelque sens d'aller avec la servitude de soi, lorsqu'on s'échappe de cela qu'on devait faire
Devait être
Une voie juste.
Cela a-t-il à voir avec quelque déviance.
La déviance, le voir ailleurs devient-il juste
Si rien ne nous attache
Si rien n'en fixe le regard
La manière d'être ailleurs
D'aller avec l'étrangeté du monde
Ou son passage

On n'est jamais sûr d'en voir autre chose
De toute façon
Ou même de voir plus loin. 
Parler nous éloigne aussi de nous-mêmes
Cela signifie-t-il
Partir à deux
Cela signifie-t-il seulement sentir la différence
Comme le vent dans le dos 
Cette différence signifie-t-elle autre chose 
La possibilité de ne rien dire ou de rien dire pour soi

Rien qui n'infléchisse
Rien
Cette possibilité nous intéresse
Puisqu'elle fonde la possibilité de dire autre chose
En se trompant, même en tremblant
En laissant la chance à la voix d'advenir
A la voix
De sembler seule
Comme une flèche
Ou
Le passage des animaux
Sur un rebord du monde

Ecoute
Lorsque tu te couches imagines
Lorsque tu sens la terre
Basculer sous toi
Rouler
Quand tu fermes les yeux
Et puis tu t'en retournes
Bouleversé
Absent
Le passage d'un animal
Puisqu'il vient de nulle part
Que tu puisses voir
Remet les choses en place
Et toi tu restes ailleurs
Ecoute
Tout a changé de place
Doucement.
 
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M
Merci Katia, faudra que tu nous parles une de ces jours de tes écureuils à toi...
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K
L'étrangeté et la douceur du monde en quelques vers. C'est une bien belle chose que cet écureuil ait eu lieu.
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