Sur la rive d'Asie, les étourneaux ricanaient tendrement

Publié le par precy


                                                                                                          Nicolas Bouvier



Il est de ces textes que l'on économise.
De crainte que le voyage ne se finisse trop vite.
Ou parce que les émotions qu'ils contiennent sont si simples et belles qu'il faudrait qu'elles durent encore un peu.
Comme  un bout de pain dans une poche ou une carte postale d'un être cher.

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M
Meunon...
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C
Mmmm...Mon incompréhension (ou ma naïveté, ou autre chose, on l'appellera comme on veut, même si, j'avoue, je préférerais le terme "particularité") vient sans doute du fait que j'aime voyager, dans tous les sens du terme, de toutes ces façons qui n'ont rien à voir les unes avec les autres, et aussi de cette façon qui semble si criticable et critiquée. Je peux aussi bien prendre un stylo qu'une voiture ou un avion, rien ne m'énerve. Pour beaucoup, il est en outre beaucoup plus difficile de prendre un stylo qu'une voiture.Effectivement, on ne voyage pas pour le plaisir de voyager, tout comme on n'écrit pas pour le plaisir d'écrire. S'il s'agit de deux façons de voyager très différentes, certes, pour moi elles procèdent pourtant de la même façon. Il faut bien sûr que je lise tout ce que tu cites pour comprendre ce qui est criticable dans le fait de voyager.Mais j'aimerais expliquer comment je voyage. Je n'ai pas tant voyagé, mais à chaque fois que cela m'est arrivé, cela m'a transformée. Il faut peut-être définir le voyage par sa durée. Quelques jours ne servent à rien, sauf peut-être à se faire autant "plaisir" que regarder la télé. Plusieurs mois, ça commence à être quelque chose. La notion de plaisir n'entre plus en compte réellement, puisqu'on "vit" ailleurs. Même, j'y travaillais. Cela demande un travail d'adaptation (au climat, au milieu, aux gens), de compréhension d'un mode de vie, des autres, une empathie assez hors du commun. Une humilité, aussi. J'ai été ainsi deux fois transformée. J'ai beaucoup appris sur les hommes et sur les femmes. Et encore davantage sur moi-même. Mes lectures ne m'ont pas moins appris, certes, mais appris d'autres choses.Il s'agissait aussi d'une sorte d'épreuve du monde. Etre sûre que l'on peut effectivement parcourir des milliers de kilomètres sans, c'est bête, hein (ma naïveté), tomber dans un grand gouffre béant. Oui, la terre est ronde ! Oui, d'autres gens vivent là-bas, et ils sont comme nous. Et ils sont différents. C'est échanger, tenter de comprendre. C'est une richesse. C'est se trouver au milieu d'une nature différente, éprouver cet étonnement, écouter le silence, écouter le monde, le sentir vibrer, respirer, et se sentir soudain à la fois insignifiant et important. Mortel et éternel. Il y a de ces lieux, comme de ces lectures, où on le perçoit davantage. C'est cotoyer d'autres façons de penser, transformer sa propre pensée, la rendre souple.J'ai vécu et compris cela à des milliers de kilomètres, et aussi chez moi devant un livre ou une page blanche.J'ai eu besoin de connaître ces différentes expériences de voyages, et si je ne l'avais pas fait, j'aurais toujours eu des doutes (bien sûr, je ne parle que de ma propre expérience). J'aimerais comprendre : de quel type de voyage parle Nicolas Bouvier ? Pourquoi voyageait-il ? Comme je le disais, je ne critiquais pas, simplement (j'essaie d'expliquer ma dernière phrase) je perçois la philosophie comme une sagesse, comme une interprétation globale du monde et de l'existence humaine. Le monde comporte de multiples dimensions qu'il me semble important d'explorer toutes. Parce que nous sommes des esprits et des corps qui tous deux peuvent bouger.Juste, je ne comprends pas qu'on puisse occulter l'un de ces mouvements. Encore une fois ce n'est que mon ressenti, qui ne découle et ne s'appuie sur aucune référence (ma plus grande faiblesse).
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M
A méditer quand même, la citation de Beckett sur le voyage, citée par D :"Nous ne voyageons pas pour le plaisir de voyager, que je sache, nous sommes cons, mais pas à ce point"... 
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M
Clara me confond parfois par sa naïveté... A. Il a lu SpinozaB Je ne comprends pas trop ta dernière phraseC Il en parle en particulier dans les "pourparlers", D Il faut absolument lire Nicolas BouvierE Ces voyages-là n'ont rien à voir avec les autres Y'a une sorte d'évaluation, comme pour la littérature dans Critique et clinique (qu'appelle-t-on écrire), tant les choses ne vont pas de soi, et donc une critique de ce qu'on appelle voyager, et de ce qu'on a de raison(s) pour le faire.... c'est vrai que ça énerve pasqu'il suffit de prendre un stylo pour écrire, et de prendre sa bagnole pour se voir voyager...
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C
C'est pas une critique, hein ! On est tous différents, et c'est peut-être une grosse erreur de ne pas distinguer l'homme et sa philosophie. Moi je ressens juste une contradiction, là, entre les deux, mais il est possible aussi que je n'aie rien compris.
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