Le lion

Publié le par m

La pensée est indispensable au regard. Elle devient le regard ; comme qui dirait "l'être pommesque de la pomme", sa présence comme sa relation au monde.
La pensée est toute contenue dans la façon dont s'agencent les mots. C'est pour cela qu'on travaille dessus. 
Et pas sur la pensée, toujours absente.
Ne plus vivre dans aucune forme d'une superstition à soi. Essayer de les réduire comme peau de chagrin, de leur tordre le cou pour les essorer.
Essayer de vivre.
Réduire l'espace entre ses actes et la conséquence de ses actes. En sentir comme une forme d'harmonie. Pas du tout comme une conséquence, comme forme des relations. 
La forme de l'harmonie ne se trouve que dans une espèce d'éternité, présente. 
Croire à soi non comme une forme du futur, mais dans l'accomplissement du futur que portent ses actes. 
En sentir les effets comme dans la solitude - dans la solitude.
Eprouver la solitude.
En sentir les effets d'expulsion, - et d'enchantements.
Parler aux oiseaux.
Qui essaye ?
Beauté de la musique. Dans cet enchantement-là. 
Un mal pour un bien, éprouver aussi, et de quel façon, le mauvais, ce qui ne se compose pas, d'aucune sorte. 
Essayer de ne pas se sentir submergé par cette marée, et puis un matin ou un autre, s'il s'en trouve encore, de cette manière, céder. 
Essayer d'éprouver chaque matin, voir - l'aube. 
Que, quelque part entre les regards ou les mots ou les gestes ou l'absence des corps dans le moment érotique du dernier regard, du dernier souffle - quelque chose tienne, en suspens.
Pas longtemps, certes, l'éternité.
L'impression de cette éternité puis  son  basculement.
Le soleil dans la mer.
Quelque chose dans les mots qui soit de moi mais  si  difficile.
Comme de laisser une trace.
Ou sur un chemin l'absence  de  trace.
Redoubler les constructions les  absences.
Réduire les civilités jusqu'à la forme personnelle.
L'impersonnel. Seulement se dire sans se  juger même soi.
Puis se taire sans même plus s'écouter.
Sentir sa vie partir.
Tenter de la rejoindre.
Chasseur à l'arc jusqu'à la mort du lion.
Ses vomissements  sa  bascule.
Querencia.
Ultime forme sous la branche posée là, par hasard.  
Puis la corde dans les narines.
Dépouille.
Mais ton coeur vit encore.
Envolé, certes.
Vivant. 
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C
Les heures matinales ont tant et tant de raisons...
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B
Forécment M, forcément... je n'avais pas vu que le roman de Rolin (avec un seul "L", encore une erreur : heureusement que Bernie l'embrouille s'est tiré en vacances...) ne sortira que le 21 août. Il y parle de Manet et de Pertuiset, le fameux "chasseur de lions".Ton texte était si proche de ces thèmes que j'ai cru...Et puis finalement, un livre peut cacher un film et comme ça je découvrirai qui est Rouch : une rencontre de plus !Tu ne peux pas savoir à quel point je partage ton bonheur...D'ailleurs (et d'ici), l'heure matinale est "due" aux médicaments sans doute sinon je ferai bien encore l'amour à Morphée. Et on aurait des petits : entre rêves et cauchemards aux canards, entre réalité et surréel, entre bonjour et bonsoir....
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M
Heureux de te voir de nouveau avec nous, B...pas O Rollin, je ne connais pas mais du côté de Jean Rouch, ça me touche toujours, les films de Rouch... celui-ci s'appelait "la Chasse au lion à l'arc"... 
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B
N'aurais-tu pas repris, ce été, un peu de O. Rollin ces derniers temps, comme un "chasseur de lion" ?Et si oui alors une question : le gnou peut-il attendre autre chose que son destin de gnou ?Et nous que pouvons-nous attendre de nos écrits ?Answer :"Quelque chose dans les mots qui soit de moi" : je regarde ces mots comme on parle aux oiseaux.Elle me chante aux yeux !
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