Les hommes debout

Publié le par m

Les hommes debout ne meurent jamais.
S'ils ne marchent plus, - un homme qui ne marche pas est un homme mort - ils meurent. 
Ils ne meurent donc jamais.

On attendra un signe d'eux, un endroit où le signe qu'ils auront dit, par delà la mémoire,
Par delà l'outre tombe,
Le questionnement,
Passera.
Une sorte de lien, de mouvement.
Ce léger tremblé des choses, un tableau penché sur le mur.

Ils meurent, oui, mais
Debout, en rébellion, saluent le mort en eux,
Jusqu'à la prochaine fois.
Ne font pas cas de la mort, du corps. Même s'ils meurent en esprit. 
Même si quelque chose l'absorbe, comme un corps de sable.
Comme une mer qui monte.
Ne la voit pas, ou alors toutes les mers, les vies qu'ils ont vécu.

Les bleus
Les mots
Les déchirures
Les enfances
Les bâtardises  
Les sept vies
Les par delà les mers
Les peintures
Les cènes à la craie
Les trottoirs
Les monnaies et les banques
Les amantes
Les villes
Les navires et les races

N'abdiquent pas.
Parlent. 

Pour dire même
Sous les caillots, sous les veines,
Sous les salutations,
Le mépris
Les attentions,
Les refus, 
Leur vie pour rien
Pour autre part,
Plus grande,
Sans autre
Sans satiété 
Dans cet espace infini qu'ils auront trouvé

Eux,
Seuls. 
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