Des cannes à Cannes...
Cannes, ses artistes, ses voitures, ses richesses, on est dans la ville du voyeurisme choisi, ici plus on montre, plus on existe. Je passe mon temps à monter et descendre le boulevard de la Croisette, c’est immense ici, on marche tout le temps, je l’aperçois, pas très loin de célèbres marches, assis, à même le sol, les jambes bien évidence, il fait la manche. Personne ne le regarde. Moi si. Il me fait un clin d’œil, le pouce en l’air, il reconnait en moi un complice d’handicap. Lundi, mardi, mercredi puis jeudi, j’ai rencontré beaucoup de monde, je connais le moindre recoin de ce long boulevard, et toujours ce bonhomme qui fait la manche, ses jambes atrophiées exposées aux passants, chaque fois qu’il me voit c’est le même cérémonial, sauf aujourd’hui jeudi, il n’est pas là, à vrai dire, je n’y pensais même plus. En allant à la gare récupéré la voiture, j’étais lessivé, à bout, quand j’ai entendu « au revoir » c’était lui, il avait changé d’emplacement, il m’a regardé toujours assis parterre : « au revoir ».