Gai-apens

Publié le par manad

Ou guet-apens. Où on apprend ce qu'on peut du sens de la vie, des chausse-trappes, à l'intérieur d'icelles, quand on peut parler d'elle, en étant à côté. En l'écoutant battre, toute petite vie qu'on écoute contre soi, contre le temps qu'on voit passer - le mimosa s'effrite en petite grêle colorée, les choses changent, ça n'arrête pas - nous (ce qui reste de "nous" dans cette poussière) - aussi. On ne cesse pas d'entrer dans des devenirs, de passer d'un monde dans un autre,  si on s'écoutait - et l'on s'écoute, pourtant, la plupart du temps - si on ne considérait pas tout ce que l'on sent, toutes les histoires - comme des légendes, sous prétexte qu'il n'y a qu'un seul monde, "compétition", "débrouille-toi"...

Ce reste aide à vivre (fuite, imaginaire, amitié, collectif, sans parler de l'amour), qu'on se raconte à la chandelle, dans les marges. Reste le troisième monde, le tiers, celui qu'on ne veut pas voir, celui qui frappe à la porte, pauvreté, bords du chemin, tiers-monde... La planète respire mal, nous aussi, un peu d'air, du possible.

Comment faire parler, penser qu'il sera possible de faire autrement en se fiant aux pensées inconscientes qui seraient les nôtres pour aller vers ailleurs, qu'on parlerait, en gardant le minimum de ce qu'il faudrait pour vivre, les faux-fuyants, le factice... on peut toujours parler, on peut toujours laisser une trace, l'écriture de ce qui aurait été dit qu'il nous faudra garder comme la nième partie d'un monde d'un passage à découvrir, ou découvert, à flot.

Entre nous et le tiers, et les tiers, le tiers-monde ; savoir qu'on vit avec, malgré tout.

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