L'ouïe fine

Publié le par manad

Dimanche matin. Tôt. On trempe ses tartines. On fait de son mieux. Il est tôt. Ca sent l'anis dans la cuisine. On attend du monde. Allez savoir.  Le chocolat fume encore sous les pis de la vache qu'on vient tout juste de traire. Qui est Clara. Au loin les blés se courbent sous le poids de ce qu'on appelle encore le vent. Mouvements de l'air. Faudrait sortir. On reste là. On écoute. Y'a plein de choses, les couleurs, les gens. On les entends encore. Ces drôles de rythmes quand on enlève le casque de dessus ses oreilles. Pas bon. Pas bon comme la brioche. On essaie. Trempe toujours. Va savoir. On peut toujours l'écrire. Connaître savoir comment passe le jour. Si on savait. Se retourner. Si on savait. Ne pas se voir. S'écouter. En silence. Bruits du monde. Partir où. Toujours marcher. Attendre de ses nouvelles. Les chercher. Même si absent. Même si là. Même si tes cheveux ton odeur sur l'oreiller.  Va savoir va courir. Perdre ce qui s'absente. Trouve trouve encore du jour au lendemain. Ce qui ne s'absentera plus puisque tu es  loin. Pour l'un, ou l'autre. De l'un à l'autre ; pas connaître. Pas savoir quels bruits s'inscrivent dans quelle voix. Passionnément, l'écouter. Se figurer les bruits du monde. L'écouter dans les bruits du monde. Déjà pas mal. Oiseaux. On range le beurre. Préférer les fruits. Le prunus est en fleurs. Près des vaches. Il est bientôt minuit. Médianoche. On rentre se coucher. Content de vous avoir vu. On s'essuie. On range son mouchoir chiffonné. Taché, peut-être. On ferme. Rideaux.
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C
Pfiou, ordinateur planté, commentaire volatilisé !Je reprends : je disais à l'auteur de ce beau texte qu'il me faisait penser à Camille Laurens (originaire de Pézenas !). Peut-être, d'ailleurs a-t-il lu Dans ces bras-là, que j'avais adoré. Mêmes émotions, même façon de le dire.Sinon, je demandais aussi : y'a des vaches dans ton jardin ?
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