Désirer/vivre
Après le brillant article qui précède. Difficile d'entreprendre quelque chose. Mais on peut toujours essayer. Après tout, ce qui marche bien, ce qui fait marcher les gens, ensemble, et ici aussi bien, surtout ici, c'est le désir. Pas le désir de quelque chose : désirer quelque chose, ensemble. Drôle d'objet, on avance pas à pas, on se rencontre, on découvre quelque chose de l'autre et du monde, qu'on avait aussi au creux de soi, dans son corps. Faut l'exprimer, ça creuse, ça remue quelque chose. Ca passe au fil de l'écriture puisqu'on ne sait pas ce qu'on écrit au moment où on le fait et que l'écriture est l'art des vitesses, comme disait Clara, ou même des stases, explosantes fixes.
Ce qui est bien, c'est qu'on est branché sur le réel. Que même si on est assis, quelque chose de la vie bat en vous, si fort qu'il faut crier. Ou chuchoter, faire entendre quelque chose à quelqu'un. Qu'on sait que ce qu'on écrit sera partagé par un autre. Le toucher. Peut-être en mauvaise part, mais quelque part, ailleurs.
Pas besoin de grand chose.
Le désir ne manque de rien.
On peut aménager les choses. S'ouvrir un espace. Pas naviguer dans le monde social où il se trouve aménagé, vacuolisé, "faire basculer tout dans la grande peur de manquer" disait Deleuze. Petites niniches à son papa. Désir de quoi. Désirer. Créer du réel. On a perdu jusqu'au goût de cela. De ce possible-là.
Bien sûr c'est hétéroclite, ça se promène, ça entraîne vers quelque part de moins sûr, ça a quelque chose à voir avec le dehors et la promenade :
"C'est ainsi que le schizophrène, possesseur du capital le plus maigre et le plus émouvant, telles les proprétés de Malone, écrit sur son corps la litanie des disjonctions, et se construit un monde de parades où la plus minuscule permutation est censée répondre à la situation nouvelle ou à l'interpellateur indiscret. Le processus comme processus de production se prolonge en procédé comme procédé d'inscription."
Et les auditions, les visions singulières :
"Idées que l'écrivain voit et entend dans les interstices du langage, dans les écarts de langage. Ce ne sont pas des interruptions du processus, mais des haltes qui en font partie, comme une éternité qui ne peut être révélée que dans le devenir, un paysage qui n'apparaît que dans le mouvement. Elles ne sont pas en dehors du langage, elles en sont le dehors. L'écrivain comme voyant et entendant, but de la littérature : c'est le passage de la vie dans le langage qui constitue les Idées."
Pas de raison de laisser les belles choses en dehors d'ici, moyens de parvenir, domaine professionnel, colloques, quoi encore, pourquoi faire. Eblouir quoi.
Vivre. Plus de vie.
Ce qui est bien, c'est qu'on est branché sur le réel. Que même si on est assis, quelque chose de la vie bat en vous, si fort qu'il faut crier. Ou chuchoter, faire entendre quelque chose à quelqu'un. Qu'on sait que ce qu'on écrit sera partagé par un autre. Le toucher. Peut-être en mauvaise part, mais quelque part, ailleurs.
Pas besoin de grand chose.
Le désir ne manque de rien.
On peut aménager les choses. S'ouvrir un espace. Pas naviguer dans le monde social où il se trouve aménagé, vacuolisé, "faire basculer tout dans la grande peur de manquer" disait Deleuze. Petites niniches à son papa. Désir de quoi. Désirer. Créer du réel. On a perdu jusqu'au goût de cela. De ce possible-là.
Bien sûr c'est hétéroclite, ça se promène, ça entraîne vers quelque part de moins sûr, ça a quelque chose à voir avec le dehors et la promenade :
"C'est ainsi que le schizophrène, possesseur du capital le plus maigre et le plus émouvant, telles les proprétés de Malone, écrit sur son corps la litanie des disjonctions, et se construit un monde de parades où la plus minuscule permutation est censée répondre à la situation nouvelle ou à l'interpellateur indiscret. Le processus comme processus de production se prolonge en procédé comme procédé d'inscription."
Et les auditions, les visions singulières :
"Idées que l'écrivain voit et entend dans les interstices du langage, dans les écarts de langage. Ce ne sont pas des interruptions du processus, mais des haltes qui en font partie, comme une éternité qui ne peut être révélée que dans le devenir, un paysage qui n'apparaît que dans le mouvement. Elles ne sont pas en dehors du langage, elles en sont le dehors. L'écrivain comme voyant et entendant, but de la littérature : c'est le passage de la vie dans le langage qui constitue les Idées."
Pas de raison de laisser les belles choses en dehors d'ici, moyens de parvenir, domaine professionnel, colloques, quoi encore, pourquoi faire. Eblouir quoi.
Vivre. Plus de vie.
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