Autoportrait d'Avril
Dehors le printemps hésite, la vie hésite devant tout ou rien, une fois de plus. Ecrire demande une idée forte, qui ferait se muer les mots en autre chose qu'eux -mêmes. Ce qu'on dit de la lecture, ou au poète, à propos de fleurs. Des milliers d'éclats des milliers de voix quelques unes restent, ou une image, simplement, qu'on pourrait dire. Tourner avec assez de patience quelque chose du sens dans sa bouche, ne plus oublier, pour une fois, le tout du monde. Balbutier longtemps pour pouvoir dire quelque chose qui soit lu, quelque chose qui change quelque chose à quoi ; ne pas pouvoir ne pas croire que rien ne change, que rien ne changera, qu'on est assis dessus. Comme le poète chinois, devant l'intangibilité de la nature qui fuit. Comment chercher cela, comment quel vide peut-il couler dans quelque plein, vouloir connaître vouloir se lier, puisque tout ce qui arrive est nôtre, et que l'autre est tout ce qui arrive. Toujours. Aller avec lui, buissonnier autant que possible, jusque là, jusqu'alors. Ne plus saisir de ce qui passe que passion, passionnément ; comme le plus beau poème d'amour. Le reste, l'enveloppe je veux dire le suffisant le presque là s'évanouira, bientôt.
Désolé pour le BR, les amis...
Désolé pour le BR, les amis...
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