La Cité Radieuse

Voilà, c'est tout ce que je suis arrivé à vous proposer comme photo, et cela dimanche soir. Pas très brillant, mais j'en ai beaucoup rêvé pas mal lu de trucs d'urbanisme, pour savoir que le bâtiment ne se voudrait que l'épicentre d'une tout autre ville, se rêvant - mais pas tant que ça - tout autrement, à taille humaine, réduisant au plus près les utilités, et pour une vie moins statique - nomade ? -, qui repenserait peut-être aussi ce qu'on peut à peine encore nommer "communauté".
Et puis un jour, y'avait une visite d'organisée, me calfeutrant dans la masse, j'abordais le grand édifice. Oh, je rodais parfois autour d'elle, toujours de loin, m'égarant sous les pilliers, reniflant l'ambiance - maintenant "happy few" -, jusque dans l'entrée. Y'avait une présentation... ce qu'avait voulu faire Le Corbusier, la ville, les matériaux, la terrasse et puis visite d'un appartement et puis ballade, un peu.
Et c'est vrai qu'on peut s'y perdre, c'est assez grand et moi vous l'imaginez entre rêve et réalité. On a l'impression je crois d'un très grand mouvement - et d'infinis recoins ; les couloirs sont sombres et la terrasse offre toute la vue désirée sur Marseille, de la mer pas très loin à Marseilleveyre (en face sur l'image) ; pour une fois beaucoup de choses sont "pensées", et les objets prennent de ce fait une tout autre valeur, s'il y avait enfin quelque chose de possible.

Non pas qu'on "s'inscrirait" ou qu'on devrait s'inscrire dans un schéma tracé d'avance, mais justement du fait qu'on a pensé en termes de liberté quelque chose est possible de nous à partir de ce lieu ; y'a une crèche un bassin sur le toit de quoi s'asseoir de quoi courir de quoi vivre.

Les pilliers, excusez pour la taille différente des images mais... c'est peut-être pas plus mal comme ça, permettent la circulation, la marche sans entrave des habitants sous et autour de chez eux. Je crois que les gros trous sont les entrées d'air (chauffage à air pulsé...) qui chauffe tous les appart (grosse cheminée centrale) Sans radiateurs (l'air chaud ne fait que passer; pas d'entrave et gain de place...). Tous les apparts sont isolés par des feuilletages de plombs, pas de bruits... pour un coût quasi-équivalent à une construction HLM (ce qu'était au départ cette cité) "classique". Joli mise en abîme de la ville, des possibilités et des réalités de l'aménagement "du territoire".
Possible de faire autre choses (un blog à pilotis ???)

Je crois qu'on y entrevoit l'amour et la vie quotidienne autrement, que de côtoyer cet espace, comme ceux qui jouent quelque rôle dans ce qui nous arrive(et parfois les pires) font ressentir, font s'orienter les choses autrement. Car l'espace qui nous entoure (et qui nous semble - sinon à nous - parfois, neutre) est déterminé, orienté... et qu'il faut se méfier des directions qui semble "aller de soi", trop évidentes.
Espace onirique puisqu'aussi bien (dimanche Pascal) quelque chose a tourné et qu'on ne verra plus l'été, parmi les herbes d'ici. Que quelque chose reste à gagner. Peut-être entrer dans un espace différent. Et que ce qu'on laisse, on le retrouvera différent, différemment à cause de cet écart, et qu'il faut le sentir - espace contre espace - comme une autre cité radieuse. A venir, à peine d'une arrivée, d'une vie renouvelée - c'est Pâques. Et que ce qu'on laisse est toujours le plus fragile, le plus à vif, de loin le plus intense. Et quil nous faut vivre de cet manière-là, là-bas encore.
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