Distance

Publié le par m


"Rien, rien reçu de toi ce matin. Les forces me manquent pour tout, pour t'écrire même, or j'ai envie de le faire sans la moindre interruption. Et d'ailleurs même quand tu es là. Même quand tu es là tu me hantes, j'ai envie de te rappeler au secours, peut-être pour que tu me quittes absolument et qu'enfin je ne manque plus de rien. N'en crois rien, là c'est toi qui parles en moi. Tu reconnais ton discours. Tu ne m'aimes que quand je suis là. Mais là est un mot que nous n'avons jamais pu nous traduire l'un à l'autre. Ni à (à toi, je donne, je suis, je m'adresse, je dédie, j'obéis). Le jour où tu sauras ce que ça veut dire, tu me passes un coup de fil sans attendre.

                            Loin de toi, je me laisse tomber tout le temps. C'est pourquoi il faut que je m'accroche à toi, que je te tienne par la main ou par les cheveux en écrivant sans interruption. Car je t'écris, tu ne le savais pas, sans interruption - même si je ne t'envoie pas tout."

C'est sûrement ça qu'on appelle la destitution de la présence et le travail de l'écriture, un peu les deux - les deux,  et le discours entrelacé de l'autre et à l'autre dans la lettre même, à la lettre.


C'est un texte de Derrida qui se trouve dans La carte postale
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C
Meuh non chuis là aussi !
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L
c'est bien beau "je me laisse tomber tout le temps"... mais bon, comme une fois de plus je suis la dernière à hanter les méandres de ce blog, je m'en vais de ce pas éteindre la machine et me lancer dans de palpitantes occupations... comme.. dormir, par exemple?
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L
en tous cas, avant qu'ils ne pleurent tous, c'était très joli... Mais tout plein d'autres très jolies journées nous attendent tous, sans forcément larmes à la clé...
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M
Philosophe, algérien et footballeur, c'est pour ça qu'on l'adore...<br /> <br /> Salut Lolo, alors t'as fait pleurer tout le monde ?<br /> <br /> C'est du joli...
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