Tours de roues

Publié le par Précy

 
 
 
 
Tout d’abord s’impose le fleuve. Sa luminosité. L’impression quasi-maritime qui s’en dégage. Loin de s’étendre mollement, il se brise sur les piles du pont qu’on traverse. On se penche un peu pour voir. De l’autre côté, c’est la descente vers les petits chemins. A nous la douceur de vivre. Au dessus de nos têtes, des mouettes se chamaillent.
Ca fait rire le Grognon et le Déterminé qui annoncent que ça commence bien, c’est plat. L’Homme leur dit de serrer tout de même à droite. Il joue bien son rôle. Bientôt, on est seuls au monde. Peu de paroles dans l’air frais du matin. Le Déterminé est trop occupé à rivaliser avec son frère, pour une place au soleil auprès de l’Homme. Le Grognon, lui, pense simplement que ses parents ne sont pas normaux, pour l’avoir entraîné dans cette galère.  
Quand tu as demandé l’air de rien « Les enfants, vous connaissez François Premier ? », tu t’attendais peut être qu’ils te répondent « Non, il est en quelle classe ? ». Pas ma faute s’il a construit un château tous les cent mètres ici. ça le fait rire, ça, l’Homme. Et Louis Douze ? Tu le connaissais avant ?
 
Dans la forêt, le chemin file droit. Le Grognon ne se défait pas de son style inimitable : on dirait un papi qui va à la pêche. Je lui dis. Il paraît que je ne suis pas mal non plus avec mes sacoches jaunes. Encore un château. Une harmonie posée, éternelle, présente là, sans ostentation. On se dit qu’il faut peut-être avoir connu la guerre et le manque pour, au retour, avoir une exacte idée de la beauté à construire.
Puis, sur la route, une couleuvre, énorme, qui se prélasse sur le bitume chaud. Au bout d’un temps, elle s’éloigne tranquillement, la tête haute. On ne peut réprimer un frisson qui raidit, et puis un cri d’horreur. Ça les amuse beaucoup. Ils font les hommes, tous les trois.
Et toi, quand tu dis « Bon, alors, euh…les enfants, la Renaissance… », tu pourrais éviter de parler comme Luchini si tu veux qu’ils te prennent au sérieux. Inutile de me pousser dans le fossé. Pourquoi tu prends cet air quand tu me demandes si j’ai déjà entendu parler de Catherine de Médicis ?
 
Sur la fin, le Déterminé demande si les gens qui vivent dans les châteaux sont riches. « Riches comment », demande l’Homme. Je sais que l’autre pense « riche comme dans les contes. ».
Au centre ville, on renoue avec la circulation. C’est un jour férié, les gens étrennent leurs nouveaux habits de printemps. Horrifiée, je le contemple qui pédale à l’aise dans la circulation, comme si le monde lui appartenait. Tel un chevalier des temps modernes, il fend le flot des voitures …ma parole, il a oublié qu’il est sur un vélo à sacoches jaunes lui aussi ou quoi ? D’un geste autoritaire, il signifie qu’il veut tourner à gauche. Ses petits le suivent sans hésiter, ils flairent l’écurie.
Voilà, on est arrivés. Les sacoches jaunes sur une table de terrasse. Le fleuve est toujours là. L’Homme, grisé par le soleil, le vent et l’alcool tout frais dans ses veines, fait le clown derrière son verre de vin. Il me parle de la femme de sa vie. Je vois un peu qui c’est. Le Grognon, enfin délivré, pique du nez dans son coca et observe en douce deux filles qui passent, leurs jupes se gonflant comme des voiles. Le Déterminé, lui, veut finir son livre de contes de Grimm. Quand on lui demande lequel il préfère, il répond « Le Simplet ». Et soudain, ça le fait beaucoup rire.
 
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M
Y'en aura, des histoires et... du muscat
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M
On t'offrira ce que tu veux...
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L
mais moi...sans muscat...j'fais tout plein d'histoires pour rien...
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M
Hého, Lolo tu en fait partie, hein<br /> Pas d'histoires...<br /> On en reparle bientôt
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M
Ouf, de toute façon je vous mets tous dans aucune case vous êtes tous Magik comme disait Ad, comme ce bloargh... CQFD<br /> En fait, à la réflexion, qu'on ait ce genre de BR de m'étonne pas vraiment
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