St Jérôme dans son cabinet de travail par Antonello de Messine - vers 1460

Publié le par m

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C
J'adore le rouge, ça doit être beau un canapé rouge.<br /> Je m'y allonge un moment, d'accord ? Alors...
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P
c'est ta dernière phrase qui me choque, parce que le reste, ça a l'air tellement beau...on dit M... (on est entre gens polis) à la normalité quand on ressent cela, non? ça arrive tellement rarement de tutoyer la beauté comme ça. <br /> Drôle de coïncidence, on parlait de cela avec un ami proche récemment. Je lui disais que maintenant il ne se sentirait plus jamais tarte parce qu'il avait eu une expérience décisive.<br /> sinon, allongez vous sur mon nouveau canapé (rouge)et racontez-moi tout
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D
même avec moi ?
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A
<br /> Ce Saint-Jérôme, il semble vivre comme dans ma tête.<br /> Je m’appelle Anne, et comme ce blog (bravo, d’ailleurs, pour toutes ces belles choses) a l’air d’être un lieu d’accueil, un lieu d’échange, j’aimerais partager quelque chose avec vous, en savoir plus sur un sentiment. Je l’ai éprouvé peu de fois, et je n'ai jamais entendu parler par quiconque. Pourtant je parle à plein de gens et je lis un peu. Certes, je comprends que ce soit difficile à placer dans une conversation, mais dans un roman, ça pourrait... J'aimerais bien savoir si je suis la seule à avoir ressenti cela. La première fois des rares fois où je l'ai éprouvé, c'était il y a... Un certain nombre d'années on va dire. C'était vraiment une première fois.  C'était la première fois pour lui et pour moi, autant dire que c'était gauche, étrange, pas terrible (ça je ne l'ai su qu'après que ce n'était pas terrible vu que forcément la première fois, on ne peut pas comparer). Ca ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, les sensations de cette première fois, par contre pour ce qui est d'après, là oui. Après, ce n'est pas tout de suite après. C'est une fois qu'on a profité l'un de l'autre, qu'on se sent amoureux, très amoureux, que rien d'autre n'existe que lui, que jamais on n'irait dans les bras d'un autre tellement on l'aime, tellement il est unique... Mais il faut quand même se détacher de l'autre, de sa peau, se rhabiller, et même... Sortir dans la rue.<br /> On se dit : ça ne va pas être possible. Les autres existent-ils ? Vais-je pouvoir leur parler, moi qui ne suis que plénitude, pleine de lui seul ? Je vais de toute façon voler au-dessus d'eux tous, ils ne vont même pas me voir, et je ne les verrai pas non plus, c'est certain.<br /> Dehors, il fait un soleil magnifique, comme il se doit après toutes les premières fois. <br /> Et là, le miracle commence.<br /> Certes, on marche à deux pas au-dessus du sol. Mais comme je suis petite, ça ne m'empêche pas de bien voir les autres. Et même de sacrément bien les voir, les autres... Hommes ! La surprise est de taille. Bien que je sois remplie de lui, de mon amour, de ses caresses, hé bien... Je suis irrémédiablement attirée vers tous les autres. Tous mes sens sont éveillés, mon cœur et mes yeux sont grand ouverts. Tout en moi est ouvert, je suis prête à accueillir le monde entier. Enfin, le monde mâle. Lle monde mâle séduisant ! Etrangement, je vais vers ceux qui me plaisent, je leur souris, je suis même capable de leur parler, et j'ai une irrésistible envie de me jeter dans leurs bras. Envie de les toucher, ça me semblerait naturel et à eux aussi. D'ailleurs je lis l'intérêt dans leurs yeux, ils comprennent, j'en serais capable.<br /> C'est une sensation qui dure plusieurs jours. C'est le bonheur puissance mille, c'est l'invulnérabilité et la multiconfiance en soi. C'est l'amour du monde entier.<br /> C'est l'amour ?<br /> Cela ne me l'a fait que deux fois de plus, à chaque fois c'était une première fois avec quelqu'un. Une révélation, de quelque sorte que ce soit.<br /> Alors, je suis normale ?
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