Tout est dans tout
"Alexandre : Mais de temps en temps je suis content. Par exemple maintenant, d'être ici, avec vous. même si j'ai emprunté l'argent pour y venir.
Véronika : Mais vous êtes fou d'être venu ici, si vous n'avez pas d'argent.
Alexandre : Ne pas avoir d'argent n'est pas une raison suffisante pour mal manger. Quand j'étais enfant, je volais les livres. Je prétendais que la pauvreté n'est pas une raison suffisante pour ne pas "se cultiver".
Il y a des gens qui ont la chance d'avoir assez d'argent pour vivre sans rien faire et qui font quelque chose. Ils font même des choses bien... du cinéma par exemple... Cela leur permet de prétendre gagner leur vie... Qu'ils prennent la place d'autres gens ne me gêne pas, au contraire, il faut toujours encourager les injustices... Mais ils croient, en plus, apporter quelque chose, leur création... enrichir le monde... Quel programme ! C'est bon ce que vous mangez. Un peu nerveux peut-être.
Véronika : Ca va. Et ce vin. Qu'est ce que c'est ? Il est plutôt bien.
Alexandre : Il est pas mal.
Vous savez quand on mange froid, on sent le froid, pas le goût.
Quand on mange chaud on sent le chaud, pas le goût.
Quand c'est dur, on sent le dur, pas le goût. Donc il faut manger tiède et mou."
Tout est dans tout. Y'a comme une unité. C'est comme dans les plats. Par exemple, on pourrait dire qu'une choucroute c'est pareil qu'une paëlla à part que... et là, encore, c'est évident... Toute façon l'aut là sur son stand y vend Ensemble Paëlla Tartiflette et Couscous (c'est bien la preuve... et même par trois). Pas de choucroute. Donc disons qu'une choucroute c'est kif-kif la paëlla sauf que - y paraît quy'avait plein de monde le lundi de Pâques et je ne suis même pas aller reluquer ma vendeuse de dattes aux yeux verts - et Ah ! le franciscain - ben... à la place du chou tu prends du riz, au lieu du cumin tu mets du safran, tu remplaces les saucisses par du poisson (me parlez pas du chorizo, hein) ... etc. (J'avais une copine qui m'expliquait toute la cuisine comme ça (à la limite faut juste savoir faire une choucroute, quoi...) cet article est copyrighté pour elle ; elle va toucher des milliers de dollars c'est vendredi 13, c'est normal, et elle ne le sait pas, quelle chance...)
Donc tout est dans tout. Toute façon y'avait longtemps, depuis le gâteau de JCD qu'y avait pas eu de recette, et c'est comme tout, faut revenir aux invariants de temps en temps ; à la base. Par exemple regarde Zidane. Pendant qu'les gars dans l'vestiaire y s'font crier dessus par l'entraîneur ("WWWoouais les gars y'aura pas de session de rattrapaaage, faudra vous mett' les couilles sur la table.. !!!"), ben Zidane y tape le ballon sur le mur des douches y s'occupe de rien y fait comme le petit garçon qu'il était devant son mur quand y jouait avec Derrida, et que Derrida lui enseignait les roulettes et que Zidane ben... il lui parlait des "feuilles mortes" et de ce qu'on appelle un passement de jambes, pour faire la Différance, quoi. Où on en était là, ah oui "Tout est dans tout".
Par exemple on peut pas distinguer (attention accrochez-vous au pinceau, j'enlève l'échelle) entre les motifs qui vous font faire quelque chose, c'est à dire la part consciente qu'on s'accorde comme mobile, dire que j'ai un comportement valide tout ça, et puis ce qu'on découvre plus tard comme cause réelle. (D'accord d'accord, je parle pour moi). On agit toujours en aveugle suivant des mobiles qu'on détermine ou choisi, mais qui ne sont pas nécessairement les bons. Moralité : on agit toujours en aveugle ; c'est comme quand on parle ou qu'on écrit : mieux vaut se fier à la vitesse, à l'intuition (ou mieux encore : à l'absence de secret, ne le répétezà personne...). C'est là qu'on retombe sur Zidane hein, ou sur Cuvier.
Pas du tout sur Cuvier Ahah, sur Geoffroy St Hilaire. Ahaha. (Comment vouliez vous qu'ainsi j'eusse réussi à la fac...), sur Geoffroy himself qui défendait doucement mais sûrement l'isomorphisme, c'est à dire le passage sans douleur de la choucroute à la paëlla, en l'occurrence d'un animal à l'autre. Ou peu s'en faut. (J'ajoute que pour ce qui concerne les mobiles (euh... Calder ?) c'est sans doute la cause (en tout cas) du grand succès de la norme et des phénomènes de majorité...). Geoffroy lui était un nomade ("l'homme nomade des vitesses"). La preuve, la preuve... de l'isomorphisme, c'est qu'on peut toujours passer par "pliage" d'une forme à une autre, si différentes qu'elles soient sur la strate organique. Du Vertébré au Céphalopode : rapprochez les deux parties de l'épine du dos de Vertébré, ramenez sa tête vers ses pieds, son bassin vers sa nuque... Aaaah
Ma copine était donc hilairienne, et cela sans le savoir. Et nous aussi, peut-être. (Enfin... je parle pour moi, hein).
Quand à la citation ben, je pense que c'est pas du tout un truc sur la nourriture. C'est sur ce qui se passe autour. (Tout est dans tout souvenez-vous) bien que je ne n'avale depuis que du muësli bien trempé passé au micro ondes (un peu).
Tout ce qu'il y a avant et ce qui se passe quand ils mangent. Ce qui se passera après, aussi. Et le fait d'en parler, comme si cela redoublait encore l'attention qu'ils portent au monde, c'est à dire à ce qui passe. Comme on se parle. Le soir.
Pour le plaisir, la suite.
Elle s'arrête de manger, elle rit. Elle est détendue. Dehors, côté rue, il fait nuit.
Alexandre (off) : Vous voyez, le jour a baissé. C'est mieux maintenant. Parlez-moi de vous.
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