Sud
Dimanche matin, je vais en Algérie. Le Maghreb, l’Afrique. Comme un aimant je reviens toujours vers ce continent. J’ai grandi en Europe par accident, souvent je ressens l’appel du désert, souvent je me vois vivre avec les hommes bleus. S’arrêter pour faire manger le troupeau et repartir, l’horizon libre, le silence partout, vivre comme vivait son père, son arrière grand père, ses ancêtres, ils me manquent tant, comme j’aimerais boire un thé chaud avec eux, j’aimerais leur parler de mes peurs, me faire traiter de lâche pour mieux laisser l’orgueil prendre le dessus, l’orgueil le leur, le mien, j’aimerais revenir en arrière refaire l’histoire, mon histoire, vivre et mourir dans le désert algérien. Je suis ici par hasard, par erreur. J’aime l’Afrique, j’aime cette impression que tout y est intemporel, on s’assoit là où s’asseyaient naguère nos pères, certainement l’on tient encore les mêmes discours, ici la vie et la mort ont la même place.