Journal de Franz Kafka

Publié le par Clara

9 décembre.

Stauffer-Bern: « La douceur de la création donne des illusions sur sa valeur absolue. »

Si l'on se soumet passivement à un livre de Lettres ou de Mémoires - peu importe quelle est la personne de l'auteur, cette fois c'était Karl Stauffer-Bern -, si on ne l'absorbe pas par ses propres moyens - car cela demande déjà de l'art et l'art fait son bonheur lui-même -, mais que, plein d'abandon - pour qui n'oppose pas de résistance, cela ne tarde pas à se produire - on se laisse emporter par cette personne inconnue qui s'est recueillie pour écrire et que l'on consente à être comme l'un de ses parents, il n'y a plus rien d'extraordinaire à ce que, ramené à soi au moment où l'on ferme le livre, on se sente plus à l'aise, après cette excursion et ce délassement, dans sa propre nature nouvellement reconnue, nouvellement secouée, considérée un instant de loin, et que l'on se retrouve avec une tête plus libre. - Ce n'est qu'ensuite que nous pourrions être surpris de voir ces situations étrangères, en dépit de leur caractère vivant, décrites immuablement dans le livre, alors que nous croyons savoir par expérience que rien au monde n'est plus loin d'un événement vécu - le chagrin causé par la mort d'un ami, par exemple - que la description de ce même événement. Mais ce qui est exact pour notre personne ne l'est pas pour la personne étrangère. Car si nos lettres sont incapables de donner une expression satisfaisante de nos propres sentiments, si même dans nos meilleurs moments nous sommes forcés de recourir à des expressions comme « indescriptible », « indicible » ou encore à un « si triste »ou un « si beau » suivi d'une phrase en « que » vite émiettée, nous sommes pour ainsi dire récompensés par la faculté qui nous est donnée de saisir le compte-rendu des autres avec la tranquille précision qui, tout au moins à ce degré, nous fait défaut dans nos propres lettres. L'ignorance où nous sommes quant aux sentiments qui ont un jour déchiré ou chiffonné, selon les cas, la lettre qui est sous nos yeux, cette ignorance, justement, devient compréhension, puisque nous sommes forcés de nous en tenir à cette lettre, de ne croire que ce qu'il y a dedans, de trouver par conséquent ce qu'elle dit parfaitement exprimé et, comme il est juste, de juger ouvert le chemin qui mène de cette expression parfaite à l'intérieur des régions les plus humaines. Ainsi, les lettres de Karl Stauffer-Bern ne contiennent que le récit de la vie brève d'un artiste...
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Publié dans Clara

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M
Ah mais tu vois... tu l'as repérée avant moi...<br /> <br /> Encore raté  (nonon, moi, tu sais...)
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P
m, si ça peut enchanter ton dimanche soir , il y a une faute d'orth dans mes commentaires de ce jour (mais je sais que tu as une vie intérieure bien plus riche que ces basses préoccupations!)<br />  
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M
Ah ouais, c'est sûr, <br /> <br /> et les miens aussi, hein...
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C
Le café des miracles, le bien nommé !<br /> Oui, Lolo et Precy, c'est bien pour cela qu'on attend vos textes, qu'on lira avec bonheur et toujours étonnement, c'est le miracle.
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P
Je bénis m de m'avoir invité ici. c'est toujours un miracle quand on commence tout doucement à connaître des êtres.
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