Paul et Pablo

Publié le par Clara

Première du monde
              
 à Pablo Picasso


Captive de la plaine, agonisante folle,
La lumière sur toi se cache, vois le ciel :
Il a fermé les yeux pour s'en prendre à ton rêve,
Il a fermé ta robe pour briser tes chaînes.


Devant les roues toutes nouées
Un éventail rit aux éclats.
Dans les traîtres filets de l'herbe
Les routes perdent leur reflet.


Ne peux-tu donc prendre les vagues
Dont les barques sont les amandes
Dans ta paume chaude et câline
Ou dans les boucles de ta tête?


Ne peux-tu prendre les étoiles?
Écartelée tu leur ressembles,
Dans leur nid de feu tu demeures
Et ton éclat s'en multiplie.


De l'aube bâillonnée un seul cri veut jaillir,
Un soleil tournoyant ruisselle sous l'écorce,
Il ira se fixer sur tes paupières closes.
Ô douce, quand tu dors, la nuit se mêle au jour.

Paul Eluard

eluard-picasso-1948.jpg

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Publié dans Clara

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C
Ah ben non c'est revenu, ouf ! C'était la disparition qui était éphémère !
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C
Lunette - es-tu une fille ?- tes mots me troublent un peu...<br /> Je suis troublée aussi par la disparition mystérieuse et soudaine de nos albums photos. Toutes nos belles images, pfuitt. Incompréhensible. Bug d'over-blog sans doute, ou erreur de manip de l'un de nous, mais ça me semble improbable.<br /> Pas grave, on va repartir de zéro, ça a de la beauté aussi l'art éphémère...
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L
ré-pis. pis encore. La tempête terrassante saisit l'intérieur et l'oeil du cylone l'écrase : beauté extrême et -tragique- du jour ? A goûter, goûter, goûter  aussi, peut-être, goûter une nouvelle fois, si on l'ose, encore...
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E
Je suis là aussi, mais pas rassemblée. Extrême beauté, éclat inouï, nature dérisoire et parole jetée. Mots lâchés, marasme en mare scintillante. Cataclysme, silence soudain, souffle court,  contemplation née de notre art. Perpétuelle et enfantine méditation. <br /> Solitude sur banquise lisse et tranquille. Fureur de la tempête au loin. Assise en tailleur, mains jointes et légèrement tremblantes, pressentiment d'un déluge imminent. Abri de glace qui joue la roue du destin, respect silencieux du rythme de l'hypnose. Yeux clos pour ne se laisser éblouir que par ce parfum issu de l'onde. Tourment qui happe comme une vague. Ecume échouée sur la joue. Senteur entêtante qui impose quelque révélation. Singulier mélange d'apaisement et de fureur. Poing fermé soudain et ongles imprimés dans la paume, chair flagellée. Gelée. Trop forte sensation qui se cogne aux parois des têtes. Ma tête. Insupportable don, clairvoyance des troubles du monde. Le monde. Face secouée, désirs de plaisirs et malheurs simples. Simples. D'innocence. Sang. Le monde démonté des rêves se mue en un ocre et doux cocon. Doux, doux, coquet. On peut s'y lover, je le fais, soulagée, pour goûter goûter goûter au bref bref réré répit.<br /> Répit, répit, répit, stop, fini.
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C
Tra la la, rentrée de la pause de mi-journée, le soleil resplendit, l'air est doux, le bonheur est dans le lac. Toute seule sur le blog aujourd'hui, normal tout le monde est dehors par ce temps, il n'y a plus qu'une enchaînée c'est moi. Mais il y a pire : les enchaînés qui ne peuvent pas bloguer. Moi au moins je peux me repaître de Paul et Pablo, et il n'est pas exclu que je vous inonde encore de tout ce qui me passe par la tête. Sans personne pour me freiner, c'en est presque enivrant !
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