Le vagabond
Il y’a quelques années, je bossais dans un garage, c’était le temps des vaches maigres – compta/standard - Je vous en raconterais de drôles sur la manière de faire de certains mécanos. Tous les matins je prenais le boulevard Baille pour me rendre à mon poste et tous les matins je trouvais sur mon chemin un monsieur qui appuyé contre un mur faisait la manche. Avec le temps on a fini par se dire bonjour, puis se serrer la main, quand j’avais de la monnaie je lui laissais quelques pièces, quand j’avais rien je lui donnais quelques clopes. Tous les matins on partageait le peu que j’avais. Tous les matins, on se disait des banalités. On avait pris l’habitude de se voir, ça a duré quelques mois.
Puis un matin personne, il n’était pas là, c’était la 1ere fois depuis que l’on se parlait que je ne le rencontrais pas, j’étais assez étonné, mais bon. Le lendemain je retrouve mon bonhomme au même endroit, mais il ne tendait pas la main pour faire la manche, il était debout un sac de voyage à ses pieds. Surpris je lui demandais où il était la veille, il me répond qu’il avait quelques papiers à faire, car il avait trouvé un travail dans je ne sais quel bled, il n’était venu ce matin que pour me dire adieu, on s’est serré la main, puis il a rajouté on se reverra sûrement, peut être dans un autre monde. Depuis je ne l’ai plus jamais revu. Quelques temps après je démissionnais.
Souvent quand je repasse sur le bd Baille je repense à lui.