Un pas plus loin

Publié le par m

Semble que ce soit toujours bien de se considérer un pas plus loin. Par exemple imagine un héros, imagine qu'il soit écrivain. Donne lui la forme de tes rêves et reproche-lui de te laisser tomber.

Ecoute-le s'éloigner de lui-même dans ses rêves, écoute-le creuser de nouvelles écoutes. reproche-lui de n'avoir rien écouté, de toi.

Reste toujours l'éloignement, de la force de l'écriture que tu oses à peine imaginer comme si depuis longtemps tu ne lisais déjà plus ses lettres. Comme si elle te faisait mal à cause de l'oubli, de la nécessité de l'oubli puisqu'il faut qu'il le lise.

Qu'il y a toujours un pont, où tu t'éloignes de toi et te rapproches d'autre chose, peut-être de l'autre. Qui serait comme les sonorités et la vitesse, de la langue.

Tu fais la somme de toutes les prononciations de toutes les langues entendues, de celles qui t'ont parlé. Bientôt tu confonds ce qui reste d'impalpable, avec l'organe.

Tu files tu comprends tu commences à comprendre qu'il te faut aller vite que la vie malgré tous ces détours file droit qu'il te faut humer rechercher l'air le plus pur à défaut les odeurs toutes celles que tu ne sens déjà plus. Qu'il faut juste y penser pour les dévoiler toutes. Ou celles qui te concernent. Pour y être sensible.

Que de toutes les montagnes imaginées quand la brume se lève certaines sont réelles, et qu'il en est d'autres encore, couchées sur le papier, sur le rideau de l'eau.


Qu'il faut jouer comme si le regard portait loin, comme si le son lui même était autre part, juste en avant de toi, et que l'ego ou ce qu'il en est encore se dissolvait dans ce passage. Qui est de porter le son, de forcer le passage vers l'objet, vers l'écho de la voix.

Il en reste des trajets, pour soi aussi, pour l'image. Pour ce qu'on peut en entendre du monde.

Souterrain, oui.

Inlassables, oui, souffrant. L'impensé forcé dans les mots. Fors les mots.

Et la moindre douleur nous laisse coi, ne se laisse pas penser. Que dire du monde comment l'écouter se, pencher. Ecouter toutes ces voix.

Et les voix du trajets. Les faire advenir dans sa voix. Je. Nous. Impersonnel. D'hécatombes. D'y revenir. D'y retenir. De brouiller les messages des ondes. Des odes. Des figures d'ici, brouillées.

Avancer, à rebours.

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Tu peux toujours t'amuser à l'imaginer cuvant son vin. Ou à écouter d'autre chose. C'est aussi l'écouter. Ou l'image et les mots ; puisque tu ne lis, puisque cela aussi ne reste plus qu'enterré et puisqu'il faut rayer tout ce qui ne se vit.

Tirer un trait écouter voir.

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Les deux en un seul. Noir et blanc. Et le dédale des ondes et la clarté d'avoir noté d'avoir bougé jusqu'au corridor sombre de l'écoute qu'on croyait immuable. Figé. Traits. Et mouvements.

Reste.

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Restent les mots. A l'état d'images.
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F
Voir loin, voir ce qui se trouve à vol d'oiseau, imiter Kerouac (ne rien lui reprocher), emprunter le pont qui rapproche à la fois de soi et des autres (convaincu que l'un ne va pas sans l'autre), dissoudre son ego, écouter le monde comme en apnée, puis comme dans les airs, jamais le nez au sol, sentir le détachement de tout ce qui ne se vit pas et n'en ressentir aucun regret, aucun puisque tu es détaché, ne vivre fort que ce qui vaut la peine, et malgré tout, ou grâce à cela, avancer, avancer, avancer, être soi.
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