Pleine de creux

Publié le par Clara

Journée pleine et creuse.
Aujourd'hui, j'ai croisé une fille qui pleurait, de jeunes gens qui se rendaient bruyamment à l'épreuve du bac, des petits poussins très mignons, une petite enfant toute blonde gardée par une nounou voilée, est-ce parce que ma journée était creuse que tous ces croisements furtifs m'ont paru si porteurs de sens ?

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(Ben)

J'ai pas mal écrit, quand même, au creux de ma journée, et une sorte d'épiphanie s'est créée : j'ai mieux compris , au fil de mes mots écrits, révélés par eux-mêmes, les passions tristes expliquées par Deleuze via Spinoza. Je ne me souvenais plus du terme au prime abord, j'ai écrit passions néfastes. Le triste serait donc néfaste dans mon esprit. Oui, peut-être.
Je crois que d'une certaine manière, j'ai repris d'une façon détournée le journal que j'écrivais, enfant. Je me souviens que déjà à l'époque je progressais de cette manière : une phrase en révélait une autre, ma pensée se construisait au fil de mes mots écrits. Je me créais au fil de mon écriture, au fond.
C'est une façon d'évoluer en soi-même, mais cela bloque aussi une autre forme de création. Je sais que c'est parce que je n'écrivais plus de journal que j'ai pu écrire des romans. Je sais qu'écrire sur ce blog, écrire à des personnes chères comme dans un journal, cela m'empêche de créer d'autres personnages que moi-même.
Ecrire une histoire, cela fait progresser d'une autre manière, plus détournée mais non moins importante.
Se décentrer de soi-même est un exercice assez fabuleux, du mot fable, donc. J'aime inventer des fables, croire que je n'y raconte pas ma vie, et découvrir ensuite que jamais je n'avais autant parlé de moi, au fond.
Je ne sais pas si je suis capable de faire les deux en même temps : "journal" (blog) et roman. J'aimerais y parvenir. Cela relève du don d'ubiquité, il me semble, mais j'ai envie d'y arriver. C'est que je n'ai aucune envie de quitter cet espace de liberté, de vous quitter vous. Mais j'ai encore moins envie de brider mon imagination.
Je dois vous avouer autre chose : je ne sais pas bien quel sens a notre blog, ces temps-ci. Pour moi. Suis-je arrivée au bout de quelque chose ?

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Pour finir, j'ai imaginé ce qui était arrivé à la fille qui pleurait dans la rue. Rupture, perte, déception, échec, humiliation ? Je me suis rappelée toutes les fois où j'ai pleuré moi-même hors de l'espace privé d'un appartement : en voiture, en métro, dans la rue... Il est absolument terrible de ne pouvoir réprimer son chagrin dans un lieu public. C'est soudain un abandon incontrôlé de soi-même, il n'y a plus rien à faire. Je me souviens particulièrement de cette sensation alors que je devais rentrer chez moi en voiture. J'avais envie de mourir, et pourtant j'ai tranquillement conduit mon auto, puis je l'ai garée, puis j'ai monté les escaliers, puis j'ai ouvert la porte, puis... Je me suis rendue compte que j'étais vivante.
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Publié dans Clara

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L
je suis là! je suis là! juste quelques secondes, même pas eu le temps de tout lire! frustrée! yen amarre!!! continuez à vivre, tous!!! ne m'attendez surtout pas (quelle prétention de dire ça)!! un petit bisou à mon Nicolas et au lapin pressé et je reviens!!! vous êtes forts! vous êtes grands! je vous aime! à bieeeentooooot..................
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L
Oh ! non, c'est pas le moment ! J'y prenais goût à votre blog... J'ai même laissé tombé mon texte sur le cimetière pour préparer le défi... mais c'est dur, alors il faut du temps... J'ai l'excuse des invités !  Ne pas parler d'erreur, tout est magnifique et un cadeau permanent...  Si seulement derrière mes lunettes je pouvais vous redonner le sourire à tous, trève de morosité... Vous êtes tous solaires, pas moins !
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C
Je suis dans une période entre journal et fiction, oui. Soit écrire sur moi-même... Soit écrire sur moi-même. C'est un besoin très fort, et je ne sais pas s'il correspond à la forme bloguesque. Pas envie de trop me dévoiler non plus. J'en ai déjà trop écrit, il me semble, mots perdus dans l'infinitude du web, dans son giron froid, cela me fait mal qu'ils soient là. Peut-être les effacer d'ici. Peut-être ai-je commis quelques erreurs ces temps-ci.Ne m'en veuillez pas.
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M
Ah mais Ad est à Brest en train de faire les 400 coups.C'est vrai, y'a juin aussi, tous ces banquets avant les canicules.
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M
Ben oui, c'est vrai, y'a plus pléthore, sur notre blog ; les adhésions ne durent qu'un temps, faut que ça change, de temps en temps, qu'il puisse correspondre aux envies du moment : le chargé de com on sait pas où, lolo, sans instrument, Précy, en Bourgogne, Lunette, où ça ?, Clara se pose des questions, Calinette fait des calins, JCD en partance... Peut-être faut qu'il devienne encore un autre lieu, ni journal ni fiction, autre chose encore ? Peut-être faut nous poser des questions, faire autre chose autre part ?Je suis sûr qu'il sera là pour nous, que les textes attendront, qu'on les reprenne ailleurs, il y en a de bien, malgré le temps, à cause du temps. J'écoutai hier un disque que j'ai tellement écouté que je ne le connaissais plus.  Je savais plus où ça changeais, et pourtant c'était presque encore mieux, de laisser ainsi le temps passer. Et de reprendre ce lieu quand il sera temps pour tous et envie de le rejoindre, ou de le faire changer ou d'en créer un autre, ou de le laisser là, comme disent les poètes du XIX, en tombeau. Moi, ça me sert encore, je le trouve beau. Tout récent et neuf encore, tout luisant sous la pluie. Tu as raison faut qu'on en parle, et qu'on voit si encore le désir passe par là...
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