Monologue intérieur ?

Publié le par Clara


J'ai trouvé un site qui explique bien les formes du discours qui retracent un "monologue intérieur" (on verra que ce n'est pas si simple). Je vous copie ce qui m'a semblé intéressant.


Le monologue intérieur est une des constantes du nouveau roman (on a pu le nommer alors  sous-conversation pour caractériser les textes de Samuel Beckett ou Nathalie Sarraute). Les œuvres de James Joyce, Faulkner ou Virginia Woolf  en présentent des formes significatives, mais c'est le romancier français Édouard Dujardin (voir ci-dessous) qui en usa le premier dans Les Lauriers sont coupés (1888). Il en propose la définition suivante :

 « Discours sans auditeur et non prononcé par lequel un personnage exprime sa pensée la plus intime, la plus proche de l’inconscient, antérieurement à toute organisation logique, c’est-à-dire en son état naissant, par le moyen de phrases directes réduites au minimum syntaxial de façon à donner l’impression tout-venant.»  (Le Monologue intérieur, 1931).

  Bien que l'on puisse en observer des formes dans le roman du XIX° siècle (notamment chez Flaubert et Maupassant), le monologue intérieur correspond aux diverses crises que traverse le roman au XX° siècle : crise du narrateur, dont on conteste la prétention à diriger en démiurge une fiction organisée et à s'immiscer dans la psychologie de ses personnages ("Dieu n'est pas un artiste, M. Mauriac non plus", affirmera Sartre); crise du sujet, désormais dénoncé par les béances ou les opacités mises en évidence par la psychanalyse dans le psychisme humain; crise de l'intrigue, détrônée au profit de la volonté d'écrire un roman « sur rien »; crise du style enfin, maintenant ramené par les linguistes à un "au-delà de l'écriture" (Barthes), au surgissement brut des métaphores obsédantes.


1/ Un exemple typique du discours immédiat :

La principale particularité du monologue intérieur est... de ne pas en être un, comme l'a bien noté Gérard Genette :

     « Que l'on imagine un récit commençant (mais sans guillemets) par cette phrase : « Il faut absolument que j'épouse Albertine... », et poursuivant ainsi, jusqu'à la dernière page, selon l'ordre des pensées, des perceptions et des actions accomplies ou subies par le héros. Le lecteur se trouverait installé dès les premières lignes dans la pensée du personnage principal, et c'est le déroulement ininterrompu de cette pensée qui, se substituant complètement à la forme usuelle du récit, nous apprendrait ce que fait le personnage et ce qui lui arrive. On a peut-être reconnu dans cette description celle que faisait Joyce des Lauriers sont coupés d'Édouard Dujardin, c'est-à-dire la définition la plus juste de ce que l'on a assez malencontreusement baptisé le "monologue intérieur", et qu'il vaudrait mieux nommer discours immédiat : puisque l'essentiel, comme il n'a pas échappé à Joyce, n'est pas qu'il soit intérieur mais qu'il soit d'emblée ("dès les premières lignes") émancipé de tout patronage narratif, qu'il occupe d'entrée de jeu le devant de la "scène".» Gérard Genette, Figures III, 1972.


 Louis Aragon (1897-1982)
 Aurélien (1944)

[Ce texte constitue l'incipit du roman. Aurélien évoque les représentations associées au prénom de Bérénice, qu'il vient de rencontrer.]

  La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu'il n'aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'Orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût. Ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus. Les cheveux coupés, ça demande des soins constants. Aurélien n'aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune. Il l'avait mal regardée. Il lui en demeurait une impression vague, générale, d'ennui et d'irritation. Il se demanda même pourquoi. C'était disproportionné. Plutôt petite, pâle, je crois... Qu'elle se fût appelée Jeanne ou Marie, il n'y aurait pas repensé, après coup. Mais Bérénice. Drôle de superstition. Voilà bien ce qui l'irritait.
  Il y avait un vers de Racine que ça lui remettait dans la tête, un vers qui l'avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard démobilisé. Un vers qu'il ne trouvait même pas un beau vers, ou enfin dont la beauté lui semblait douteuse, inexplicable, mais qui l'avait obsédé, qui l'obsédait encore :
               Je demeurai longtemps errant dans Césarée...
 En général, les vers, lui... Mais celui-ci revenait et revenait. Pourquoi ? c'est ce qu'il ne s'expliquait pas. Tout à fait indépendamment de l'histoire de Bérénice... l'autre, la vraie... D'ailleurs il ne se rappelait que dans ses grandes lignes cette romance, cette scie. Brune alors, la Bérénice de la tragédie. Césarée, c'est du côté d'Antioche, de Beyrouth. Territoire sous mandat. Assez moricaude même, des bracelets en veux-tu en voilà, et des tas de chichis, de voiles. Césarée... un beau nom pour une ville. Ou pour une femme. Un beau nom en tout cas. Césarée... Je demeurai longtemps... je deviens gâteux. Impossible de se souvenir : comment s'appelait-il, le type qui disait ça, une espèce de grand bougre ravagé, mélancolique, flemmard, avec des yeux de charbon, la malaria... qui avait attendu pour se déclarer que Bérénice fût sur s le point de se mettre en ménage, à Rome, avec un bellâtre potelé, ayant l'air d'un marchand de tissus qui fait l'article, à la manière dont il portait la toge. Tite. Sans rire. Tite.
              Je demeurai longtemps errant dans Césarée...
  Ça devait être une ville aux voies larges, très vide et silencieuse. Une ville frappée d'un malheur. Quelque chose comme une défaite. Désertée. Une ville pour les hommes de trente ans qui n'ont plus de cœur à rien. Une ville de pierre à parcourir la nuit sans croire à l'aube. Aurélien voyait des chiens s'enfuir derrière des colonnes, surpris à dépecer une charogne. Des épées abandonnées, des armures. Les restes d'un combat sans honneur.



2/ Le discours indirect libre

 A l'évidence, le monologue intérieur ne peut être associé qu'aux formes du discours indirect libre : celui-ci permet de conserver intactes les marques du langage parlé. Toutefois la présence du narrateur reste effective : bien que libre, ce discours reste indirect. Intérieur, il est néanmoins extrait de la conscience du personnage par le narrateur et mis en forme par lui. Toutefois celui-ci s'installe au plus près du langage originel de ses personnages tout en ayant l'air de ne pas être partie prenante dans le rapport qu'il en fait. C'est cet avantage qui explique la faveur dont a joui ce type de discours dans le roman réaliste ou naturaliste, notamment chez Zola et Maupassant :

Guy de Maupassant (1850-1893)
 Pierre et Jean, IV (1888)

 [Pierre et Jean sont frères. Pierre vient d'apprendre avec surprise et jalousie que Maréchal, un ancien ami de la famille, a légué  son patrimoine à Jean. Il en vient peu à peu à soupçonner un ancien adultère de sa mère.]
   

 « Je suis fou, pensa-t-il, je soupçonne ma mère.» Et un flot d'amour et d'attendrissement, de repentir, de prière et de désolation noya son cœur. Sa mère ! La connaissant comme il la connaissait, comment avait-il pu la suspecter ? Est-ce que l'âme, est-ce que la vie de cette femme simple, chaste et loyale, n'étaient pas plus claires que l'eau ? Quand on l'avait vue et connue, comment ne pas la juger insoupçonnable ? Et c'était lui, le fils, qui avait douté d'elle ! oh ! s'il avait pu la prendre en ses bras en ce moment, comme il l'eût embrassée, caressée, comme il se fût agenouillé pour demander grâce ! Elle aurait trompé son père, elle ?... Son père ! Certes, c'était un brave homme, honorable et probe en affaires, mais dont l'esprit n'avait jamais franchi l'horizon de sa boutique. Comment cette femme, fort jolie autrefois, il le savait et on le voyait encore, douée d'une âme délicate, affectueuse, attendrie, avait-elle accepté comme fiancé et comme mari un homme si différent d'elle ? Pourquoi chercher ? Elle l'avait épousé comme les fillettes épousent le garçon doté que présentent les parents. Ils s'étaient installés aussitôt dans leur magasin de la rue Montmartre; et la jeune femme, régnant au comptoir, animée par l'esprit du foyer nouveau, par ce sens subtil et sacré de l'intérêt commun qui remplace l'amour et même l'affection dans la plupart des ménages commerçants de Paris, s'était mise à travailler avec toute son intelligence active et fine à la fortune espérée de leur maison. Et sa vie s'était écoulée ainsi, uniforme, tranquille, honnête, sans tendresse !... Sans tendresse ?... Était-il possible qu'une femme n'aimât point ? Une femme jeune, jolie, vivant à Paris, lisant des livres, applaudissant des actrices mourant de passion sur la scène, pouvait-elle aller de l'adolescence à la vieillesse sans qu'une fois, seulement, son cœur fût touché ? D'une autre il ne le croirait pas, - pourquoi le croirait-il de sa mère ? Certes, elle avait pu aimer, comme une autre ! car pourquoi serait-elle différente d'une autre, bien qu'elle fût sa mère ? Elle avait été jeune, avec toutes les défaillances poétiques qui troublent le cœur des jeunes êtres ! Enfermée, emprisonnée dans la boutique à côté d'un mari vulgaire et parlant toujours commerce, elle avait rêvé de clairs de lune, de voyages, de baisers donnés dans l'ombre des soirs. Et puis un homme, un jour, était entré comme entrent les amoureux dans les livres, et il avait parlé comme eux. Elle l'avait aimé. Pourquoi pas ? C'était sa mère ! Eh bien ! fallait-il être aveugle et stupide au point de rejeter l'évidence parce qu'il s'agissait de sa mère ? S'était-elle donnée ?... Mais oui, puisque cet homme n'avait pas eu d'autre amie ; - mais oui, puisqu'il était resté fidèle à la femme éloignée et vieillie, - mais oui, puisqu'il avait laissé toute sa fortune à son fils, à leur fils !... Et Pierre se leva, frémissant d'une telle fureur qu'il eût voulu tuer quelqu'un ! Son bras tendu, sa main grande ouverte avaient envie de frapper, de meurtrir, de broyer, d'étrangler ! Qui ? tout le monde, son père, son frère, le mort, sa mère ! Il s'élança pour rentrer. Qu'allait-il faire ? Comme il passait devant une tourelle auprès du mât des signaux, le cri strident de la sirène lui partit dans la figure. Sa surprise fut si violente qu'il faillit tomber et recula jusqu'au parapet de granit. Il s'y assit, n'ayant plus de force, brisé par cette commotion.


3/ Le discours direct libre

C'est donc bien de discours direct libre qu'il convient de parler pour caractériser le monologue intérieur : comme au théâtre, il n'est en effet attelé à aucune autorité narrative. Mais, au contraire du monologue théâtral, il n'est pas censé même être écouté. A l'état brut, voici consignées par un locuteur totalement identifié au personnage (mais dans quel cadre ?) les petits riens qui font notre conversation intime : préoccupations momentanées, projets confus, associations de pensées, délires.


Édouard Dujardin  (1861-1949)
Les lauriers sont coupés (1888)

  [Wagnérien, membre du cénacle de Stéphane Mallarmé, Édouard Dujardin avait vingt-cinq ans lorsqu'il entreprit d'écrire ce petit roman en 1886 : « C'est, tout simplement, le récit de six heures de la vie d'un jeune homme qui est amoureux d'une demoiselle - six heures, pendant lesquelles rien, aucune aventure n'arrive.» Daniel Prince, étudiant à Paris, rencontre un ami, dîne seul au restaurant, rentre se préparer chez lui, puis rejoint l'actrice débutante qui, comme l'Odette de Swann, chez Proust, occupe ses pensées alors qu'elle n'est « même pas son genre.»]
   

  Iluminé, rouge, doré, le café ; les glaces étincelantes ; un garçon au tablier blanc ; les colonnes chargées de chapeaux et de pardessus. Y a-t-il ici quelqu'un de connaissance ? Ces gens me regardent entrer ; un monsieur maigre aux favoris longs, quelle gravité ! les tables sont pleines ; où m'installerai-je ? là-bas un vide ; justement ma place habituelle ; on peut avoir une place habituelle ; Léa n'aurait pas de quoi se moquer.
  - Si monsieur...
  Le garçon. La table. Mon chapeau au porte-manteau. Retirons nos gants ; il faut les jeter négligemment sur la table, à côté de l'assiette ; plutôt dans la poche du pardessus ; non, sur la table ; ces petites choses sont de la tenue générale. Mon pardessus au porte-manteau ; je m'assieds ; ouf ! j'étais las. Je mettrai dans la poche de mon pardessus mes gants. Illuminé, doré, rouge, avec les glaces cet étincellement ; quoi ? le café ; le café où je suis. Ah ! j'étais las. Le garçon :
  - Potage bisque, Saint-Germain, consommé...
  - Consommé.
  - Ensuite, monsieur prendra...
  - Montrez-moi la carte..
  - Vin blanc, vin rouge...
  - Rouge...
  La carte. Poissons, sole... Bien, une sole. Entrées, côte de pré-salé... non. Poulet... soit.
  - Une sole ; du poulet ; avec du cresson.
  - Sole ; poulet-cresson.
  Ainsi, je vais dîner ; rien là de déplaisant. Voilà une assez jolie femme ; ni brune ni blonde ; ma foi, air choisi ; elle doit être grande : c'est la femme de cet homme chauve qui me tourne le dos ; sa maîtresse plutôt ; elle n'a pas trop les façons d'une femme légitime ; assez jolie, certes. Si elle pouvait regarder par ici ; elle est presque en face de moi ; comment faire ? A quoi bon ? Elle m'a vu. Elle est jolie ; et ce monsieur paraît stupide ; malheureusement je ne vois de lui que le dos ; je voudrais bien connaître aussi sa figure ; c'est un avoué, un notaire de province ; suis-je bête ! Et le consommé ? La glace devant moi reflète le cadre doré ; le cadre doré qui est donc derrière moi ; ces enluminures sont vermillonnées, les feux de teintes écarlates ; c'est le gaz tout jaune clair qui allume les murs ; jaunes aussi du gaz, les nappes blanches, les glaces, les verreries. On est commodément ; confortablement. Voici le consommé, le consommé fumant ; attention à ce que le garçon ne m'en éclabousse rien. Non ; mangeons. Ce bouillon est trop chaud ; essayons encore. Pas mauvais. J'ai déjeuné un peu tard, et je n'ai guère faim ; il faut pourtant dîner. Fini, le potage. De nouveau cette femme a regardé par ici ; elle a des yeux expressifs et le monsieur parait terne ; ce serait extraordinaire que je fisse connaissance avec elle ; pourquoi pas ? II y a des circonstances si bizarres ; d'abord en la considérant longtemps, je puis commencer quelque chose ; ils sont au rôti ; bah ! j'aurai, si je veux, achevé en même temps qu'eux ; où est le garçon, qu'il se hâte ; jamais on n'achève dans ces restaurants ; si je pouvais m'arranger à dîner chez moi ; peut-être que mon concierge me ferait faire quelque cuisine à peu de frais chaque jour. Ce serait mauvais. Je suis ridicule ; ce serait ennuyeux ; les jours où je ne puis rentrer, qu'adviendrait-il ? au moins dans un restaurant on ne s'ennuie pas.


Le texte est censé respecter au plus près « la vie immédiate de la conscience ». Mais l'authenticité du procédé peut être mise en cause, laissant deviner la mise en forme d'un narrateur et un simple procédé d'écriture non dénué d'artifice.


Mon humble petit commentaire :
J'ai beaucoup utilisé et affectionné le discours direct libre dans mes précédents textes, mais je me suis rendue compte de ces limites lorsque j'ai voulu "faire parler" un jeune garçon en grave échec scolaire. Son vocabulaire était logiquement limité, mais je ne pouvais pas écrire un roman digne de ce nom avec ce vocabulaire-là. Je l'ai quand même écrit, très gênée tout du long, à la première personne. Le résultat n'est finalement pas trop mal, heureusement.
Je n'ai cependant pas voulu reproduire ce "malaise" avec ma Mélodie. Mais je ne voulais pourtant pas quitter cette proximité avec mon personnage, dont j'aime fouiller chaque mouvement de l'âme. Ainsi, le discours indirect libre m'a sauvée. Dites-moi cependant si je me suis plantée, si mon texte paraît aussi artificiel, malgré tout...

Je me rends compte, Precy, que ton texte ne rentre pas dans ce cadre du discours indirect libre, d'autant que tu parles du gendarme au début, de son récent stage de formation, ce qu'Antoine ignore forcément. Et voilà encore mes dernières remarques concernant ton texte qui tombent à l'eau, dans ce cas-là ! Je vais peut-être cesser de chercher la petite bête, je ne pense pas être compétente pour le faire, en plus. Désormais je vais juste lire, et apprécier. 
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Publié dans Clara

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C
Métalepse-moi le sel, s'il te plaît !Ah non, à bon escient, flûte...Alors, ce serait à Boucle d'Or : ma chérie, ta poupée qui mange avec nous est une merveilleuse métalepse !(Super idée, ce mot du week-end, c'est transposable aux plus petits niveaux de classe. Je vais peut-être pas leur apprendre le terme en CP, cependant...).
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P
je rigole parce que je pense au "mot du week end" ...jeu instauré dans certaines classe dynamiques et sympas.le jeu consiste à  réutiliser un terme nouveau, particulièrement barbare pour eux ou tout simplement qu'ils ne connaissent pas, (le voca d'un jeune de 16 ans étant en général...hum pauvre) n'importe quand et à bon escient chez eux pendant le week end, ça leur fait pousser des hauts cris mais ça les amuse énormément .on a eu comme ça je me souviens " procrastination", histoire de délirer, mais aussi "veule" pour te donner une idée. Certains prennent tellement le pli qu'ils lancent "mot du week end!" quand on utilise même sans y penser un terme qu'ils ne connaissent pas. . Alors voilà, Clara, mot du week end : "métalepse" !!
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C
Oh là là je suis impressionnée, je me sens toute petite devant tout ce savoir, moi ! Désolée, effectivement, de te faire parler de tout ça au beau milieu des vacances, mais tu vois que ce que tu enseignes est drôlement utile, quand même. Moi aussi, hétérodiégétique, je trouve ça purement jouissif, c'est génial, autant que métalepse, qu'est-ce que j'aime dire métalepse, dis donc.Certes, j'aime autant parler d'équations différentielles (ça sonne bien, non ?) mais c'est une autre histoire ;-)Il me semble que dans le discours indirect libre (je me suis trouvée une autre obsession, chouette !), il y a quelque chose d'ambigü concernant ce que tu appelles focalisation, c'est ce que je trouve troublant et intéressant. Même l'auteur ne sait plus trop où il est, génial, isn't it ?Mince, tu m'as découverte, oui il est probable que je sache réellement ce qui m'a un tout petit peu dérangée dans ton texte dans 2 ou 3 jours !(En attendant, digère-bien tes crêpes, miam !)
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P
oh la la genette! si tu savais! qu'est ce qu'on en a "bouffé". Il a le mérite d'être clair, de s'être pris la tête sur des trucs qui n'avaient jamais été mis à plat... ça a été quand même la référence dans les années90 et aujourd'hui encore, ... ça s'est vulgarisé (on en parle au lycée, mais il faut bien se demander à qui ça sert... dire "hétérodiégétique" c'est jouissif pour cetrtains élèves de première mais ils en restent là!!)
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P
il vaut peut être mieux raisonner en termes de focalisation3 possibiltés ( t'as pas honte de me faire parler de ça en pleines vacances!)-le narrateur en sait autant que le personnage (on est "dans la tête" du personnage)> point de vue nterne (ce que tu as essayé de faire avec ton petit garçon en difficulté)-le narrateur en sait (fait semblant d'en savoir moins) que le ou les perso (c'est comme si on le voyait de l'extérieur)> point de vue externe (certains polars, mais pas columbo par ex!)-le narrateur sait tout sur tous, c'est Dieu (Zola, par ex, ce qui ne l'empêche pas de donner ds le discours indirect libre!)> point de vue omniscient tu vois que ce qui doit gouverner le choix c'est l'intention, surtout en foc interne (il te semblait intéressant de tout faire voir du point de vue du petit garçon, mais en même temps c'est restreignant, c'est pour ça que tu n'as pas fait la même chose pour Mélodie)). Le point de vue omniscient est peut être le plus facile à manier, et il permet de se glisser dans la peau de divers personnages quand on le veut et aussi de laisser entrevoir un peu de sa personnalité, de la facon dont on considère son personnage)masi j'aimerais bien savoir en effet ce qui te gêne et je te fais confiance pour arriver à le formuler (je commence à te connaître un peu, hé hé...)
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