Gilles
Gilles est complètement fou, il chante fort, il parle fort et tout le temps, dans l’école, il est un peu snobé par les autres élèves, surtout en ce jour où s’affront toute la journée profs et élèves au baby foot. En cette période, être fort au baby était un statut très envié. Chaque année ce tournoi remettait les choses en place, l’équipe gagnante était quasiment sur de jouir d’un statut particulier durant toute l’année, aux yeux des élèves comme aux yeux des enseignants. Depuis quelque temps déjà les joueurs se jaugent pendant les récrés, les équipes se font et se refont, des joueurs sont très demandés, d’autres peu et certains pas du tout, hélas Gilles fait partie de cette dernière catégorie, moi je n’ai pas à me plaindre, je suis assez bon joueur, et cela se sait et me met dans uns situation agréable, plusieurs inscrits me demande déjà de faire partie de leur équipe, je m’en fou, comme chaque année je laisse la pression monter, pour donner ma réponse le matin de la compétition. Je n’ai jamais gagné ce tournoi, mais je suis toujours allé très loin. Ce matin là, je savais évidemment avec qui j’allais faire équipe, il était est quasiment certain que j’allais tomber contre mon prof de Français M. FLOTTE (je reparlerais de lui dans ce blog). Autant dire que j’étais tout excité, puis je ne sais pas ce qui s’est passé, quand les arbitres ont commencé à prendre la composition définitive des équipes, j’ai mis Gilles avec moi, j’avais décidé qu’il serait mon coéquipier, étonnant, cela a renversé quelques copains, mais bon, il faut dire que quelques secondes avant, je l’avais trouvé assis sur des marches, silencieux, il ne chantait pas, il ne parlait pas, « personne ne veut de moi, comme chaque année », ces mots ont certainement suffi à me faire changer d’avis, aujourd’hui, je ne sais toujours pas j’avais été ému par Gilles, ou si tout simplement j’avais voulu joué au bon samaritain et impressionner les spectatrices, tout ce que je retiens c’est que j’ai été éliminé au 1er tout, mais Gilles a hurlé, il a crié, il m’a sauté dans les bras quand on a marqué le seul but de notre équipe. L’année d’après, j’ai rejoué et je suis arrivé en finale, j’héritais du surnom de « Tardelli » un très grand footballeur italien.
Je n’ai jamais gagné ce tournoi.