Echos aux bulles ci-dessous ou panspermie
Après le déluge, l'errance de l'arche de Noé sur les eaux et l'arc-en-ciel...
"Ce furent des jours où la terre forniquait elle-même avec le ciel, où tout germait, tout fructifiait. Toutes les noces étaient fécondes, et pas en quelques mois, mais en quelques jours ; et non seulement toutes les noces, mais tous les contacts, toutes les unions, mêmes fugitives, entre des espèces différentes, même entre les bêtes et les pierres, même entre des plantes et des pierres. L'océan de boue tiède, qui cachait la face de la terre froide et pudique, était une seule et immense couche nuptiale,qui bouillonnait de désir dans tous les lieux retirés et pullulait de germes jubilants.
Cette seconde création fut la création véritable ; en effet, selon ce qui se transmet parmi les centaures, certaines analogies, ertaines convergences observées ne s'expliqueraient pas autrement. [...] D'où viennent les jolies couleurs des papillons, et leur vol adroit ? Ils sont les enfants d'une mouche et d'une fleur. Et les tortues sont les enfants d'un crapaud et d'un rocher. Les chauves-souris, d'une chouette et d'un rat. Et les coquillages, d'un escargot et d'un galet poli. Et les hippopotames, d'une jument et d'un fleuve. Et les vautours, d'un lombric et d'une strige. Et les grandes baleines, les léviathans, dont on aurait de la peine à expliquer autrement la masse énorme ? Leurs os ligneux, leur peau grasse et noire et leur souffle brûlant sont le vivant témoignage d'une union vénérable, de l'étreinte avide de la boue primordiale enlaçant la quille féminine de l'arche, qui avait été construite en bois de Gopher et revêtue en dedans et au-dehors d'un asphaslte brillant [...]."
Histoires naturelles Primo Levi
"Ce furent des jours où la terre forniquait elle-même avec le ciel, où tout germait, tout fructifiait. Toutes les noces étaient fécondes, et pas en quelques mois, mais en quelques jours ; et non seulement toutes les noces, mais tous les contacts, toutes les unions, mêmes fugitives, entre des espèces différentes, même entre les bêtes et les pierres, même entre des plantes et des pierres. L'océan de boue tiède, qui cachait la face de la terre froide et pudique, était une seule et immense couche nuptiale,qui bouillonnait de désir dans tous les lieux retirés et pullulait de germes jubilants.
Cette seconde création fut la création véritable ; en effet, selon ce qui se transmet parmi les centaures, certaines analogies, ertaines convergences observées ne s'expliqueraient pas autrement. [...] D'où viennent les jolies couleurs des papillons, et leur vol adroit ? Ils sont les enfants d'une mouche et d'une fleur. Et les tortues sont les enfants d'un crapaud et d'un rocher. Les chauves-souris, d'une chouette et d'un rat. Et les coquillages, d'un escargot et d'un galet poli. Et les hippopotames, d'une jument et d'un fleuve. Et les vautours, d'un lombric et d'une strige. Et les grandes baleines, les léviathans, dont on aurait de la peine à expliquer autrement la masse énorme ? Leurs os ligneux, leur peau grasse et noire et leur souffle brûlant sont le vivant témoignage d'une union vénérable, de l'étreinte avide de la boue primordiale enlaçant la quille féminine de l'arche, qui avait été construite en bois de Gopher et revêtue en dedans et au-dehors d'un asphaslte brillant [...]."
Histoires naturelles Primo Levi
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