Le cinéma de minuit et la photo d'avant

Publié le par m


"   J'ai tenté d'expliquer comment le cinéma était en nous, à la manière d'une chambre ultime où tournerait à la fois l'espoir et le fantôme d'une histoire intérieure : parce que cette histoire ne se déroule pas et ne peut, pourtant, si peu qu'elle ait eu lieu, que rester invisible, sans figure, sans personnage mais surtout sans durée. Nous acclimatons tous ces films, par leurs rémanences, à cette absence de durée et à cette absence de scène où serait possible l'histoire intérieure.
       Il y a donc cette chambre invisible en nous où nous torturons, sans la présence d'aucun objet, l'espèce humaine, et d'où nous vient mystérieusement, incompréhensiblement le sentiment ou la conscience anticipée du sublime."

                                                               L'homme ordinaire du cinéma Jean Louis Schefer

 
Cela aurait presque suffi pour présenter la scène, cette histoire de fantôme et de temps, d'enfance, quand même, qui regarde toujours un peu, qui passe toujours au-dessus en dessous des instances dirigeuses, qui soulève ce qu'il n'y aurait pas trop à regarder comme s'il existait malgré tout encore autre chose, qu'on dirait au travers des mots.

Et c'était peut-être bien ça qu'il allait zieuter, le bougre, cett'effectivement presque scène primitive, ce rideau à écarter pour retrouver les références cachées, les dernières heures, volées, avant le retour du même, la lundite, comment dire le principe d'absence au coeur de la vie-même, de ce qu'ils en avaient fait.


menu-home.jpg


Il y avait ce qu'on découvrait derrière le grand rideau et la voix blanche, le générique à lui-même était un crève-coeur, le morphing avant l'heure découvrait les couples interchangeables, ne s'arrêtant sur la vraie image qu'à la fin, les choses étant rentrées dans l'ordre, un peu, estourbies tout de même de tant de baisers, tant d'histoires.

Le film commençait, la nuit devenait blanche, illuminée par le petit écran que pour une fois l'on découvrait presque au dessus de nous.           L'histoire, le sublime ou ses pas posait ces yeux sur nous.


Mank-900.jpg

Perdu, sauvé
Publicité

Publié dans m

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
J'adore quand une "simple" image rebondit retentit ainsi en chacun de nous. Cela m'encourage dans ma recherche, encore, de zolies photographies (Le Morio, ou Barbouille je ne sais plus qui c'était : c'est effrayant, j'ai réalisé que moi aussi je collectionnais des vignettes, est-ce grave ?).Et, oui, ces quelques mots sur le cinéma, et la chambre intérieure, c'est joliment et justement dit, je trouve, merci M.
Répondre