La tempête, de Giorgione
Etrange, la sérénité de ces deux personnages devant l'orage qui gronde. Savent-ils qu'il menacera éternellement sans pour autant, jamais, éclater ? Seul cet éclair qui transperce le ciel atteint le mystère de leurs regards. L'un observe, l'autre s'exhibe en sachant qu'on la regarde. Elle nous toise timidement, penchée vers son enfant mais aussi vers nous ; on a envie de mieux se placer face au tableau pour qu'elle nous discerne plus nettement. Pourquoi s'est-elle presque totalement dévêtue pour donner le sein à son fils - ce ne peut être une fille, si ? L'eau est calme, presque vertement placide, les maisons paisibles bien que dissociées, de guinguois, les arbustes peu fournis impriment leur ombre sur les cuisses.Qui est cet homme qui nous ignore, absorbé dans sa contemplation ? Que fait-il ici nonchalamment appuyé sur son bâton ?
Ce tableau me paraît une somme d'incongruités.
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