Tranche de vie.

Publié le par Ad

Marseille - Bus n’17 – Quartier Saint Loup – 12h07

Je suis assis, face à moi une femme debout regarde par la fenêtre, son téléphone collé à l’oreille. Elle se retourne de temps en temps, je vois des larmes perlaient, elle essaie de ne pas parler trop fort, mais apparemment l’émotion est telle, que parfois s’échappe de sa bouche « mais pourquoi »,  « je te promets ». Je comprends alors qu’une affaire de cœur est en train de se jouer devant moi. Dans l’indifférence générale, elle pleure, supplie, mais rien n’y fait, le téléphone devient alors le seul lien avec la personne au bout qui veut en finir et raccrocher « attends, stp », les étudiants dans le bus ne remarquent même pas cette tranche de vie, ce drame, non le brouhaha ambiant dissimule cette histoire. Je voudrais prendre le portable et dire à l’autre de lui donner encore une chance, l’aider, pleurer ave elle, lui servir d’alibi, n’importe quoi, mais ne pas rester sans rien faire. Elle raccroche, s’essuie les yeux, regarde autour d’elle, maudit son portable. Qu’a-t-elle fait ? Que s’est il passé pour que son histoire s’arrête là maintenant alors que la plupart des gens rentre manger, ? pourquoi dans ce bus ? Pourquoi devant moi ?
Je ne sais pas.
Au terminus elle remet son portable dans la poche, baiss la tête et descend, le temps que je descende à mon tour elle avait disparue.
Putain de portable.

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P
ah c'est gentil pour l'invitation!ça sa fera certainement depuis le temps qu'on en parle...peut être pas novembre  (j'ai encore trop de boue à mes bottes)mais...
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A
PRECY A MARSEILLE, tous en choeur, PRECY A MARSEILLE
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L
Ben oui, j'ai souvent parlé à mes amis de cette impression de carte postale, d'irréalité quand je me promène dans la nature (surtout en montagne) et qui me dérange. Eux me regardent souvent avec des yeux ronds et il me semble que je blasphème. Je crois avoir compris qu' il ne s'agit parfois que d'une simple question de lumière... Mais Précy, pourquoi ne pas venir passer un bout de novembre par ici?
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M
Pérec disait de la campagne qu'elle n'existait pas, qu'elle 'était qu'une illusion dès fois je me dis que c'est tout  le contraire, tout de même, qu'il se passe plus de microévénements et qu'on est forcé à un travail, à une écoute pour voir quelque chose à la campagne (et qu'il y a plus de couleurs, plus de "passages " là-bas) ; et puis qu'aussi la ville a changé et qu'elle nous "impose" tout de même beaucoup beaucoup de choses,  qu'ils n'y reste donc plus que des fulgurances et qu'il faut les noter, mais le reste...
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M
ah oui pour les chroniques rurales aussi, et puis de temps en temps tu montes à la ville, et puis oui le texte de Lolo était très en accords avec celui d'Ad, et c'est vrai qu'il raisonne, en nous, en images, celui-là aussi...
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