Tranche de vie.
Marseille - Bus n’17 – Quartier Saint Loup – 12h07
Je suis assis, face à moi une femme debout regarde par la fenêtre, son téléphone collé à l’oreille. Elle se retourne de temps en temps, je vois des larmes perlaient, elle essaie de ne pas parler trop fort, mais apparemment l’émotion est telle, que parfois s’échappe de sa bouche « mais pourquoi », « je te promets ». Je comprends alors qu’une affaire de cœur est en train de se jouer devant moi. Dans l’indifférence générale, elle pleure, supplie, mais rien n’y fait, le téléphone devient alors le seul lien avec la personne au bout qui veut en finir et raccrocher « attends, stp », les étudiants dans le bus ne remarquent même pas cette tranche de vie, ce drame, non le brouhaha ambiant dissimule cette histoire. Je voudrais prendre le portable et dire à l’autre de lui donner encore une chance, l’aider, pleurer ave elle, lui servir d’alibi, n’importe quoi, mais ne pas rester sans rien faire. Elle raccroche, s’essuie les yeux, regarde autour d’elle, maudit son portable. Qu’a-t-elle fait ? Que s’est il passé pour que son histoire s’arrête là maintenant alors que la plupart des gens rentre manger, ? pourquoi dans ce bus ? Pourquoi devant moi ?
Je ne sais pas.
Au terminus elle remet son portable dans la poche, baiss la tête et descend, le temps que je descende à mon tour elle avait disparue.
Putain de portable.