La lectrice
Marseille – Station Noailles – 08h10
Plongée dans son histoire, elle est debout contre le mur, un livre ouvert à la main, . Le métro arrive, elle ne lève même pas les yeux, s’avance, elle est bousculée, mais rien ne peut la distraire, elle a le regard littéralement scotché sur son intrigue. Elle m’étonne, me passionne, la couverture de son livre est noire et jaune, un roman policier sans doute, elle est à la fin, je peux voir qu’il ne lui reste plus que quelques pages à lire. Machinalement, elle trouve une place et s’assoit, je la scrute, j’oublie d'ouvrir mon Deleuze. Ce spectacle est pour le moment plus distrayant. Ces sourcils se froncent, son héros est en mauvaise posture, elle chasse une mèche rebelle d’un main vengeresse, son héros est dans l’impasse, serait-ce la fin ? non, ses mains se crispent, il y a un traître dans l’histoire. Elle fait tourbillonné cette satanée mèche entre ces doigts, le traître s’explique, elle essaie de comprendre ces motivations, on approche de la fin. Encore quelques pages et elle sourit, son héros a encore gagné. Elle met le livre dans sa poche, se lève, sort.
Je me replonge dans mon Deleuze.