relier

Publié le par m

un mot pour un autre
au fond
un mal pour un bien
et encore autre chose
on emprunte
les mots ou les corps dont on aurait besoin
pour ne plus voir devant soi
qu'autre chose
un autre mot
pour une autre émotion
pour ne plus laisser place qu'à l'absence de mots
un dernier théorème
la possibilité d'une dernière relecture
avant d'entrer dans un autre chemin
que tous pourraient lire
le bord du monde
dont tous pourraient apprécier le paysage différent
généré d'entre nous
et semblable
à ce que nous donnèrent mots ou forme de notre seule mémoire
nos mémoires
ce que nous avions gardé de traces
pour qu'enfin ne subsiste que la voix
née d'autant de lieux
qu'elle en révèle
et au mieux chaque corps et chaque état du corps et chaque moment
allimenteraient l'écriture
qui n'existerait en voyelles
qu'en passages.
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M
Ca répondait peut-être à ce que Mascolo appelait le communisme de pensée - il citait Hölderlin -  : "La vie de l'esprit entre amis, la pensée qui se forme dans l'échange de  parole, par écrit ou de vive voix, sont nécessaires à ceux qui cherchent. Hors cela, nous sommes par nous-mêmes hors pensée."
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C
Lorsqu'un enfant apprend à écrire, au tout début, lorsqu'on lui dicte un mot, il va n'écrire que les voyelles en omettant les consonnes. C'est normal, c'est un bon début, c'est même plutôt rassurant. Je me suis dit en l'observant que les consonnes n'avaient finalement, peut-être, qu'un seul but : relier les voyelles entre elles.Les voyelles qui ne sont au fond que des souffles, c'est le sens pur des mots sans leurs aspérités, c'est la brise du signifiant.Au fond, ce n'est peut-être pas un monde de silence auquel on doit aspirer, mais un monde de voyelles.
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B
Une écriture religieuse étonnament claire, lumineuse... une fois n'est point coutume, cher m, comme un désir d'universalité loin des labyrinthes et de leur Minotaure, au gré des dédales de "notre seule mémoire".Celle des étoiles, dixit Ferré.as-tu idée du dernier théorème ou n'y a-t-il rien derrière cette porte de voyelles ?
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