Anegdoques
Le 16 janvier à
16 heures, le jeune
André Dorain,
revenant de l'école
se surprit à emprunter les bordures fines des trottoirs en béton,
divisant en lignes
ce qui restait de boue et de gazon
encore,
par là-bas. Les
lampadaires, en formes de
soucoupes
susurraient une lumière
souple,
verdâtre, qu'on aurait pu
emprunter à l'absynthe plus qu'à tout
autre
chose. Hormis le
sifflement. Du
gaz. Que quelque chose aille
de soi -
se répande - à force de
suivre jusqu'au
bout de ces forces, d'un
chemin
l'autre ces
lignes. Quelque chose
bleuirait, comme la peau
laissée à elle-même, en
souffrance
irradierait d'elle-même quelque gouffre. La parole se nourrit d'un lieu qu'elle ne peut pas trahir, ni
quitter, pareil on se nourrit toujours d'une chose un peu
en avant de soi, même le passé, même parfois, s'il
naît en avance. Le texte s'avance vers ces
ressacs, ainsi que
l'absence de dire
quand il n'y a pas de pages, se forment des
tourbillons des
mouvements que l'on ne repère pas, qui sont presque
invisibles.
Et quelque part, qui marchent en un tel lieu.
Qui avance vers moi, qui me quitte. Une forme restante, succédanée de ce qu'il faut de ce qu'il aurait fallu sinon pour le dire sinon même quelque pas, en avant de soi, sans forme. Restent ceux qui se transforment les paysages les perspectives les allées les en allées les en
évanescences.
Il se mit à neiger. La pellicule, la forme
dansante des flocons
enleva la
souffrance qui s'était
déposée, sur toute la ville. Comme par
magie tout se mit à
danser,
au chemin du retour.
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