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Publié le par Clara

brunobarbey2.jpgElle traversait la vie comme les enfants, sans jeter son regard au loin, où les lignes fuyaient ou se rejoignaient comme ces projets de l'existence concrète. Nous avons acquis cette habitude en passant le permis de conduire, il fallait regarder au bout de la route afin d'anticiper voir prévoir. Souvenez-vous, au tout début, vous regardiez tout proche, effrayé lorsqu'une voiture vous frôlait, vous étiez prêt à toutes les embardées. Votre premier réflexe était de détailler le véhicule d'en face mais surtout son conducteur : homme ou femme, moche ou beau, jeune ou vieux, souriant ou renfrogné, etc... Vous étiez encore un peu enfant. Désormais, vous ne faites plus attention à cela. Vous êtes un adulte responsable qui regarde au loin.
Elle, non.
Elle l'avait passé, pourtant, le permis. Réussi au bout de cinq fois. Et elle était toujours terrifiée au volant. Elle n'imaginait toujours pas qu'on puisse partager la route avec des gens dont on ne pouvait pas discerner le visage. Impensable.
Alors, elle marchait.
En regardant partout autour d'elle. Emerveillée par ce brin d'herbe dans une faille du goudron, cet emballage de papillote brillant, cette chenille processionnaire à moitié écrasée, cette écorce compliquée, ce nom sur la sonnette argentée, ces flaques d'ombre à terre, d'eau brillante dans les cavités... Son esprit, alors, miroir où tournaient les nuages, où les ombres dansaient comme des mouettes, se reflétait dans ces détails. Elle ne pensait pas avoir grande conscience d'elle-même, mais du chosmos l'entourant, elle savait qu'elle en était un atome infime mais quelque peu signifiant, elle en souriait, un sourire d'une beauté cristalline, d'une intensité irisée. Ce qu'elle eût aimé, c'était découvrir incrustée dans le sol la pierre incandescente issue d'un minerai oublié. Une pierre diamantée qui diffuserait les reflets de son âme entière, celle qui l'entourait, et celle en dedans. En la tenant dans sa main, elle se réunirait. Les fragments dispersés là, là ou là se rejoindraient dans le caillou merveilleux. Enfin l'ordre du monde lui apparaîtrait, les signes auraient du sens, et elle pourrait se promener sur la route, au milieu, et tenter de distinguer les traits de chaque occupant de chaque véhicule, sans craindre la dureté du métal.
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Publié dans Clara

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M
ombellifer...
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L
Bel éclat de voix et de vieTransformer le réel, quotidien, souvent inaperçu en source d'aspiration à être relié au monde par le minéral.Il s'agit là d'une alchimie belle et attirante, d'une relation de soi au autres a priori médiatisée par une pierre diamant.A moins que celle-ci ne soit évidemment dans notre fort intérieur qu'il faudrait inlassablement et amoureusement assiéger jusqu'à ce que mort -vie c'est-à-dire- s'ensuive.
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