Deleuze

Publié le par Clara

Deleuze.jpgAh, il faut faire bonne mesure, hein ! (Mon prochain article sera sur la biographie de dieu et sa pensée - qu'est-ce que je trouverais pas pour éviter de bosser pour ma classe).

Alors Gilles Deleuze avait aussi une bonne bouille, et on a en plus  la preuve sur cette photo qu'il ne faisait pas peur aux enfants (capital sympathie + 100).

Il n'a rien écrit sur sa vie.

Il détestait aussi les synthèses forcément réductrices, je suis donc désolée de vous copier-coller celle de Wikipédia, mais ça donne quand même une idée (pour ma part j'ai découvert, entre tout le reste, que lui aussi aimait bien Nietzsche : capital sympathie + 350) :

Entre 1944 et 1948, il fait ses études de philosophie à la Sorbonne, où il rencontre Michel Butor, François Chatelet, Claude Lanzmann, Olivier Revault d'Allonnes, Michel Tournier. Ses professeurs sont Ferdinand Alquié, Georges Canguilhem, Maurice de Gandillac, Jean Hyppolite.

Après l'agrégation en 1948, il se consacre à l'histoire de la philosophie.

En 1969, il présente comme thèse principale, Différence et répétition (directeur, Maurice de Gandillac) ; et comme thèse secondaire, Spinoza et le problème de l’expression (directeur, Ferdinand Alquié).

La même année, c'est la rencontre avec Félix Guattari ; suivra entre eux une longue et fructueuse collaboration. C'est une de ses influences décisives, avec Spinoza, Nietzsche et Henri Bergson.

À l'Université de Vincennes, où il enseigna jusqu'à sa retraite universitaire en 1987, Gilles Deleuze fut, de l'avis de beaucoup, un professeur extraordinaire ; comme dans ses ouvrages d'histoire de la philosophie, il parvenait, selon ses partisans, à conjuguer la rigueur et l'érudition de l'universitaire à la plus grande imagination conceptuelle, le tout en des termes simples. Ses cours connurent un grand succès, attirant un public nombreux, international et diversifié. Grâce à sa femme, Fanny Deleuze, une partie importante de cet enseignement est disponible, transcrit à la lettre, sur le site de Richard Pinhas.

«Un jour, peut-être, le siècle sera deleuzien.» Tel fut le sentiment de Michel Foucault à l'égard d'un philosophe qui marqua profondément la pensée de la fin du XXe siècle. On demanda à Deleuze comment il interprétait cette phrase ; il répondit que Foucault pensait sans doute qu'il représentait l'expression la plus pure de la pensée de la différence, car il en était l'expression purement conceptuelle, c'est-à-dire ni historique (comme Michel Foucault), ni critique (comme Roland Barthes, par exemple), etc. : « il voulait sans doute dire que j'étais le plus innocent, le plus philosophe ».

Atteint d'une grave maladie respiratoire, Gilles Deleuze s'est suicidé le 4 novembre 1995. « Ce sont [les] organismes qui meurent, pas la vie ».

Il est le père de Émilie Deleuze, réalisatrice française, et de Julien Deleuze (traducteur de l'anglais).



Pour Deleuze, « la philosophie est l'art de former, d'inventer, de fabriquer des concepts » (Qu'est-ce que la philosophie ?), chose dont il ne s'est jamais privé. Il assure que la philosophie ne s'adresse pas qu'aux spécialistes, et l'on peut dire de lui ce qu'il disait de Spinoza : tout le monde est capable de le lire, et d'en tirer de grandes émotions, ou de renouveler complètement sa perception, même s'il en comprend mal les concepts. Inversement, un historien de la philosophie qui n'en comprend que les concepts n'a pas une compréhension suffisante.

    « Il faut les deux ailes, comme disait Jaspers, ne serait-ce que pour nous emporter philosophes et non-philosophes vers une limite commune. » (Pourparlers, p. 225)

Dans l'Abécédaire, il raconte que ce qui lui a le plus fait plaisir, dans le courrier qu'il a reçu après la publication du Pli, ce n'étaient pas les lettres d'universitaires, mais celles d'un club d'origamistes et d'un club de surfeurs.

Pour le lecteur, que la lecture soit toute récente ou fort ancienne, Deleuze, c'est toujours un labyrinthe. La lecture trop fraîche le prend pour une « machine à dérouter », on le conçoit ensuite plutôt comme « machine à orienter ». C'est à la condition de disposer des segments nécessaires pour re-construire soi-même le principe de ce labyrinthe, afin de s'y orienter et d'y orienter le lecteur.



Le premier concept proposé par Gilles Deleuze est celui du plan de consistance, qu'il rejettera ensuite au profit de celui de plan d'immanence.

La philosophie de Deleuze est celle d'une immanence absolue. Pas de transcendant, pas de négation, pas de manque, mais une culture de la joie, une dénonciation radicale des pouvoirs. Une philosophie de la vie et de la pure affirmation, de l'immanence, donc, comme sortie des frontières du sujet :

    « En chacun de nous, il y a comme une ascèse, une partie dirigée contre nous-mêmes. Nous sommes des déserts, mais peuplés de tribus, de faunes et de flores. (...) Et toutes ces peuplades, toutes ces foules, n'empêchent pas le désert, qui est notre ascèse même, au contraire elles l'habitent, elles passent par lui, sur lui. (...) Le désert, l'expérimentation sur soi-même, est notre seule identité, notre chance unique pour toutes les combinaisons qui nous habitent. » (Dialogues, p. 18)

La philosophie de Deleuze croise ici une première fois les intérêts de Foucault, ceux pour la folie. Tous deux pensèrent en effet sérieusement à la folie et à un dialogue possible avec elle. Si Foucault le fit en la prenant comme un objet historique complexe dont il lut la genèse comme l'envers et la condition non-nécessaire de notre pensée (« la pensée de la folie n'est pas une expérience de la folie, mais de la pensée : elle ne devient folie que dans l'effondrement »), Deleuze, à son tour, dans son rapprochement avec Guattari, céda à la tentation de ces parages dans la création de ses propres concepts. Peut-être le « rhizome » est-il l'expression extrême de cela. En fait on peut y penser comme à un rayon X de la pensée du dehors, dans sa logique la plus intime, c'est-à-dire quand elle est le plus tournée vers le dehors. On trouve en elle l'ouverture d'un désert, la mobilité oubliée, la connectivité errante, la prolifération multidirectionnelle, l'absence de centre, de sujet, d'objet – une topologie et une chronologie qui sont assez hallucinatoires. En bref, on ne trouve pas la carte d'un autre monde mais plutôt l'autre cartographie possible de tous les mondes – ce qui fait précisément ce monde en être un autre, nous délivrant des chaînes de la quotidienneté.

    « Faire d'un événement, si petit soit-il, la chose la plus délicate du monde, le contraire de faire un drame, ou de faire une histoire. » (Dialogues, p.81)

Deleuze a sur la fin de sa vie esquissé – second croisement – le prolongement d'une idée de Foucault qui envisageait la fin des sociétés disciplinaires. Selon lui, celles-ci sont en train de laisser place aux sociétés de contrôle :

    « Le contrôle est à court terme et à rotation rapide, mais aussi continu et illimité, tandis que la discipline était de longue durée, infinie et discontinue... L'homme n'est plus l'homme enfermé, mais l'homme endetté. » (Pourparlers, p.246)


Je ne vous copie pas le long passage sur le cinéma, pourtant c'est drôlement intéressant...

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Publié dans Clara

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