Notes

Ecoute.
J'entends. J'aimerais savoir... Ont-elles le même effet sur toi ?
Elles volent, n'est-ce pas ?
En quelque sorte. Ce qui est étonnant, c'est leur durée en moi. Je sens la caresse sur le clavier, et pourtant c'est comme si leur naissance était ailleurs.
Comme si c'était le coeur qui donnait l'impulsion.
C'est cela, peut-être bien, et encore pas tout à fait. Elles viennent aussi de la terre. Elles naissent, puis ne meurent jamais. Elles s'envolent, c'est cela. On essaie de suivre leur trajectoire un temps, puis elles nous sèment, elles vont vivre ailleurs.
C'est le destin des notes de musique ?
Pas toutes, oh non pas toutes. Certaines meurent avant de naître. D'autres ne naissent jamais vraiment. Celles-ci, vois-tu, celles-ci sont tout à fait magiques.
T'emportent-elles aussi ?
Ce qui est difficile, c'est de décrire une émotion.
Moi, je n'ai jamais su dire si j'étais triste ou gaie. Je ne sais pas ce que cela signifie. Je peux seulement dire : j'ai la gorge serrée et les larmes qui viennent.
Je connais ça. Oui, ni tristesse ni gaieté. Connais-tu également, parfois, ce froid qui envahit et serre la poitrine, avec des frissons ?
Oh, cela, mais c'est l'amour ! Quand l'être aimé te manque... Quand il est là, c'est la même chose, sauf que le froid devient chaud, et les frissons plus forts, et puis les larmes sont plus rondes. Ecoute ce morceau-là.
Ils fredonnent.
Je ne savais pas que c'était l'amour. Du moins, je ne le nommais pas ainsi.
Comment, alors ?
Eh bien... "froid dans la poitrine".
Rires
Ecoute, ça va très vite maintenant. Comme c'est gai !
C'est une eau qui coule.
Et éclabousse.
Que fais-tu ?
J'essuie cette goutte échouée là sur ta joue, tout près de la commissure des lèvres. Oh, elle a changé de place !
La goutte ?
Non, la commissure !
Le goût de tes lèvres dure aussi longtemps que les notes.
Tiens, un silence.
Non, non, écoute-les encore, en suspension. Le silence n'existe pas.
Ca n'a jamais été aussi rapide !
Une cascade, cette fois-ci. Sur des rochers très plats et étendus. C'est lourd et léger, dense et inconsistant. Cela ricoche, regarde, tu es trempé !
On peut même les boire.
Non non elles ne se laissent pas avaler, elles sont trop libres et fluides. Elles nous glissent entre les lèvres.
Il pleut !
Ah mais oui, rentrons.
Non, restons. Nous sommes trempés tous les deux. Tu as froid ?
Non. Ni dedans, ni dehors.
Alors, reste là. Ecoute leur son sur nos têtes, nos épaules nos mains tes doigts les nénuphars les mouvements le bitume les trottoirs les chemins les toits les tuiles les maisons les fleuves les forêts les vies les morts les cris sur nous sur nous sur nous et ce drôle de sentiment d'attachement de lien d'attendrissement du coeur et d'yeux humides, écoute...
A flic
Mour floc.
Le soleil.
Un arc-en-ciel !
Mais tu pleures ?
Non, c'est le changement de rythme. Mon coeur s'est arrêté, ça a créé un embouteillage, le tien lui est rentré dedans et paf ça l'a crevé. Ce que tu vois là, ce n'est qu'une fuite du liquide de refroidissement. Ou alors c'est le soleil.
Tu te moques de moi.
Ecoute, c'est à nouveau plus lent, mais c'est une musique d'ange...
Aux ailes qui nous entourent.
J'entends. J'aimerais savoir... Ont-elles le même effet sur toi ?
Elles volent, n'est-ce pas ?
En quelque sorte. Ce qui est étonnant, c'est leur durée en moi. Je sens la caresse sur le clavier, et pourtant c'est comme si leur naissance était ailleurs.
Comme si c'était le coeur qui donnait l'impulsion.
C'est cela, peut-être bien, et encore pas tout à fait. Elles viennent aussi de la terre. Elles naissent, puis ne meurent jamais. Elles s'envolent, c'est cela. On essaie de suivre leur trajectoire un temps, puis elles nous sèment, elles vont vivre ailleurs.
C'est le destin des notes de musique ?
Pas toutes, oh non pas toutes. Certaines meurent avant de naître. D'autres ne naissent jamais vraiment. Celles-ci, vois-tu, celles-ci sont tout à fait magiques.
T'emportent-elles aussi ?
Ce qui est difficile, c'est de décrire une émotion.
Moi, je n'ai jamais su dire si j'étais triste ou gaie. Je ne sais pas ce que cela signifie. Je peux seulement dire : j'ai la gorge serrée et les larmes qui viennent.
Je connais ça. Oui, ni tristesse ni gaieté. Connais-tu également, parfois, ce froid qui envahit et serre la poitrine, avec des frissons ?
Oh, cela, mais c'est l'amour ! Quand l'être aimé te manque... Quand il est là, c'est la même chose, sauf que le froid devient chaud, et les frissons plus forts, et puis les larmes sont plus rondes. Ecoute ce morceau-là.
Ils fredonnent.
Je ne savais pas que c'était l'amour. Du moins, je ne le nommais pas ainsi.
Comment, alors ?
Eh bien... "froid dans la poitrine".
Rires
Ecoute, ça va très vite maintenant. Comme c'est gai !
C'est une eau qui coule.
Et éclabousse.
Que fais-tu ?
J'essuie cette goutte échouée là sur ta joue, tout près de la commissure des lèvres. Oh, elle a changé de place !
La goutte ?
Non, la commissure !
Le goût de tes lèvres dure aussi longtemps que les notes.
Tiens, un silence.
Non, non, écoute-les encore, en suspension. Le silence n'existe pas.
Ca n'a jamais été aussi rapide !
Une cascade, cette fois-ci. Sur des rochers très plats et étendus. C'est lourd et léger, dense et inconsistant. Cela ricoche, regarde, tu es trempé !
On peut même les boire.
Non non elles ne se laissent pas avaler, elles sont trop libres et fluides. Elles nous glissent entre les lèvres.
Il pleut !
Ah mais oui, rentrons.
Non, restons. Nous sommes trempés tous les deux. Tu as froid ?
Non. Ni dedans, ni dehors.
Alors, reste là. Ecoute leur son sur nos têtes, nos épaules nos mains tes doigts les nénuphars les mouvements le bitume les trottoirs les chemins les toits les tuiles les maisons les fleuves les forêts les vies les morts les cris sur nous sur nous sur nous et ce drôle de sentiment d'attachement de lien d'attendrissement du coeur et d'yeux humides, écoute...
A flic
Mour floc.
Le soleil.
Un arc-en-ciel !
Mais tu pleures ?
Non, c'est le changement de rythme. Mon coeur s'est arrêté, ça a créé un embouteillage, le tien lui est rentré dedans et paf ça l'a crevé. Ce que tu vois là, ce n'est qu'une fuite du liquide de refroidissement. Ou alors c'est le soleil.
Tu te moques de moi.
Ecoute, c'est à nouveau plus lent, mais c'est une musique d'ange...
Aux ailes qui nous entourent.
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