Carreaux

Drapée dans ses carreaux, ainsi est Gertie, les a-t-elle choisis, veut-elle les montrer, en est-elle satisfaite, plus que de son corps, plus que de cette boucle dans le cou, une femme est-elle plus coquette de son corps que de ce dont elle se sert pour le couvrir, qu'est-ce qu'être coquette, où en voit-elle le miroir, dans les regards de qui, dans les esprits de quel monde, cela l'aide-t-elle à exister, qu'est-ce qu'exister, pourquoi veut-elle être belle, comment veut-elle être belle, qu'est-ce qu'être belle, qu'est-ce qu'être satisfaite, par qui veut-elle être vue, pour qui veut-elle ôter ses carreaux, qui voudra en briser les lignes, est-ce une question d'ego ou une question de don, donne-t-on son image comme on donne son corps, les carreaux dont elle se vêt représentent-ils son âme, sont-ils semblables aux carreaux d'une vitre, où s'arrête la futilité, qui veut y voir uniquement de la futilité, qui veut croire qu'une femme peut ne pas avoir besoin de se sentir belle, qu'on la voie belle, qu'il la voie belle, qu'est-ce qu'être une femme, qui peut ne pas être flatté d'en être le miroir, voire la vitre purifiée, qui peut ne pas y déceler l'amour, qui peut ne pas comprendre la femme dans les carreaux, les fleurettes, les pieds-de-poule ou les chevrons, ne pas y voir toute la gaieté de celle qui veut mordre la vie, les couleurs, les formes, une femme veut-elle être une peinture, veut-elle être un tableau, veut-elle aimer ceux qui aimeraient se plonger dans le corps sous le drapé, qui va toucher ses seins, faire tomber le tissu, piétiner l'étoffe puis lécher son ventre comme on reniflerait une toile après y avoir gratté les pigments, puis traverser la peau comme on crève un tableau ?
Publicité