Sauf la beauté
Et l'on ne parvient plus à parler de soi sans faire couler l'eau des rivières, sans invoquer les images collées dans les chambres, les coupures d'âmes et de journaux. Parler de soi comme de ce que l'on voit.
Parler de soi par ce que l'on crée. N'évoquer que les faits ou les images. Parler des mondes.
Parler sans ouvrir la bouche. Marcher. Seul. Côte à côte. Regarder même l'absence. Effleurer les contours de l'univers, en caresser les lèvres. Doucement. Les voir frémir.
S'abîmer dans cette contemplation. Ces palpitations.
Ne plus savoir dans quelle rue l'on se trouve. L'endroit n'est plus important. L'important, ce serait donc les images, ce qui reste de mouvant dans les images. Même les mots n'auraient plus cette force.
L'important c'est d'aimer.
Aimer ces regards d'actrices. Ces personnages à la quintessence des sens, sur le fil de l'écran. Elles se tournent vers nous, nous adressent ce visage longuement, et en elles c'est nous qui regardons. Prisme sans fin.
Peu importe quelle chambre, quelle rue, quelle ville, quelle vie, quel oeil les a captés. Elles se tournent vers l'éternité, leur émotion est
encore
endless.
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