B
Peu de gens le connaissent.
Peu de gens ont lu cela, au fond.
Peu de gens, peu de gens.
Ce personnage, il ne dit pas ce qu'il veut.
Ce personnage, il ne dit pas ce qu'il ne veut pas.
Ce personnage, il dit : je préférerais ne pas.
Il le dit comme chantent les oiseaux du haut de leur branche.
Ils chantent.
Comme ils chantent inlassablement le même air.
Ils le chantent, le chantent, jusqu'à ce qu'on ne les entende plus.
On ne les entend plus. Inaudibles.
Le monde fait du bruit autour. Ils sont nombreux.
Il le dit comme ceux qui ne cherchent point de salut.
Comme ceux qui ne cherchent pas de chemin.
Comme ceux qui aimeraient juste qu'on les rejoigne.
Comme un voyage incarné sans but particulier.
Comme juste le but de vivre avec nous.
Autrement que vous.
Avec vous.
Il vous tire à lui.
Sans insister.
Avec l'espoir que l'on comprenne.
Ce qu'il ne comprend pas.
Il faudrait juste un peu de confiance.
C'est ce qu'il réclame sans pouvoir le réclamer,
- je préférerais ne pas - comment dans ces cas-là ?
Comment dans ces cas-là réclamer ?
Souvent on ne peut lui répondre.
Il faut longtemps réfléchir.
Longtemps parler.
Longtemps se taire.
Longtemps écouter.
Ecouter.
Suite n°1 des six cello.
Avant de comprendre.
Il faudrait regarder ses yeux.
Son âme.
Son coeur.
Faire confiance, faire confiance.
Chanter avec lui.
Confiance, confiance. En lui ?
Que nenni.
Confiance dans le monde, c'est suffisant.
Bien suffisant.
N'en donnez pas plus.
Pas moins.
Ni amour ni charité.
Moins.
Plus.
Juste jusqu'à votre fraternité.
Frère, soeur, soeur, soeur, frère, ainsi.
Croyance. Foi. Croyance.
En nous.
Foi.
Dans le monde.
Croyance.
Dans ce que nous devenons.
Ensemble.
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