Midi à quatorze heures
Ce qu'il y a de bien, dans des notions ou des concepts nouveaux, ou qu'on découvre, c'est qu'ils nous font voir les choses, ce qui nous arrive, les événements, d'une manière nouvelle, et/ou comprendre des choses qui se passaient en nous, sans qu'on puisse tout à fait les voir, les actualiser.
Ainsi de cette notion de temps. Qu'on la rapporte à l'amour, la naissance de l'amour, ou à l'espace des blogs, voir à notre histoire tout court.
Michel Serres : "Le temps ne coule pas toujours selon une ligne ou selon un plan, mais selon une variété extraordinairement complexe, comme s'il montrait des points d'arrêts, des ruptures, des puits, des cheminées d'accélération foudroyante, des déchirures, des lacunes, le tout ensemencé aléatoirement, au moins dans un désordre visible.
.../... Plus intuitivement, ce temps peut se schématiser par une sorte de chiffonnage, une variété multiplement pliable.
.../... Si vous prenez un mouchoir et que vous l'étaliez pour le repasser, vous pouvez définir sur lui des distances et des proximités fixes. Autour d'une petite roue ronde que vous dessinez au voisinage d'un lieu, vous pouvez marquer des points proches et mesurer, au contraire, des distance moyennes. Prenez ensuite le même mouchoir et chiffonnez-le, en le mettant dans votre poche : deux points très éloignés se trouvent tout à coup voisins, superposés même ; et si, de plus, vous le déchirez en de certains endroits, deux points très rapprochés peuvent s'éloigner beaucoup."
in Eclaicissements, Entretiens avec Bruno Latour Champs/Flammarion p.88
Drôle de matière, donc, plus plastique et moins linéaire qu'on ne le croit, et nous portés là-dedans, bouchons dans le flux et reflux de ce fleuve tourmenté, et avec qui, malgré tout, il faut compter. C'est ce qu'on sent, je crois, et aussi parce que les choses sont plus joyeuses et plus surprenantes ainsi...
Joyeux, donc, midi à quatorze heures et le reste aussi bien, notre époque, notre histoire dans un geste d'expliquer, de déplier, de passer entre, remous et aléas des choses, ici et là-bas aussi bien, dans ce drôle de présent.
Ainsi de cette notion de temps. Qu'on la rapporte à l'amour, la naissance de l'amour, ou à l'espace des blogs, voir à notre histoire tout court.
Michel Serres : "Le temps ne coule pas toujours selon une ligne ou selon un plan, mais selon une variété extraordinairement complexe, comme s'il montrait des points d'arrêts, des ruptures, des puits, des cheminées d'accélération foudroyante, des déchirures, des lacunes, le tout ensemencé aléatoirement, au moins dans un désordre visible.
.../... Plus intuitivement, ce temps peut se schématiser par une sorte de chiffonnage, une variété multiplement pliable.
.../... Si vous prenez un mouchoir et que vous l'étaliez pour le repasser, vous pouvez définir sur lui des distances et des proximités fixes. Autour d'une petite roue ronde que vous dessinez au voisinage d'un lieu, vous pouvez marquer des points proches et mesurer, au contraire, des distance moyennes. Prenez ensuite le même mouchoir et chiffonnez-le, en le mettant dans votre poche : deux points très éloignés se trouvent tout à coup voisins, superposés même ; et si, de plus, vous le déchirez en de certains endroits, deux points très rapprochés peuvent s'éloigner beaucoup."
in Eclaicissements, Entretiens avec Bruno Latour Champs/Flammarion p.88
Drôle de matière, donc, plus plastique et moins linéaire qu'on ne le croit, et nous portés là-dedans, bouchons dans le flux et reflux de ce fleuve tourmenté, et avec qui, malgré tout, il faut compter. C'est ce qu'on sent, je crois, et aussi parce que les choses sont plus joyeuses et plus surprenantes ainsi...
Joyeux, donc, midi à quatorze heures et le reste aussi bien, notre époque, notre histoire dans un geste d'expliquer, de déplier, de passer entre, remous et aléas des choses, ici et là-bas aussi bien, dans ce drôle de présent.
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