Ma religion au chocolat
Le thème des possibles a glissé vers celui de l'adolescence, de l'enfance, du passé en tout cas. Chacun a raconté une anecdote, dont deux parlent de curés. C'est bizarre, je ne pensais pas que notre génération avait été aussi marquée par la religion. Enfance dans des internats ? Des écoles privées ? Chez les scouts de France ;-)?
Moi, je ne suis allée qu'au catéchisme. J'ai passé ce qu'on appelle la petite communion. Il ne m'en reste que le souvenir d'une photo, tête penchée simplement fière de porter une robe blanche, toute simple pourtant. Où est cette photo ? Seul souvenir à peu près agréable. Les autres : le curé qui me gronde parce que j'ai mangé l'ostie avant la communion. J'ai été trahie parce que je ne savais pas placer mes mains en forme de coupelle. Je les tendais à plat devant moi, comme les malentendants disent je t'aime. Il fallait être plus humble.
La dame qui nous faisait le catéchisme et nous tendait une boîte de biscuits en disant : prenez ceux que vous voulez, sauf ceux au chocolat ! Il fallait apprendre la frustration. Trouver la félicité ailleurs que dans le chocolat.
Cette même dame qui m'ouvre la porte, après que j'aie raté plusieurs séances parce que j'avais préféré jouer dans les arbres avec les copains et copines, et qui me lance, sourcils froncés : ah, une revenante ! Peut-être était-ce le sens de la robe blanche.
Et puis les dessins qu'il fallait faire, pour illustrer l'histoire de la bible. La dame qui me dit : fais-lui un petit sourire, à ta Marie.
Tu veux passer ta grande communion ? me demanda-t-on. Ce fut non, bien sûr non. Ouf, plus de catéchisme.
Dieu ne sortit pas de ma vie pour autant. J'avais été marquée par les récits de la Comtesse de Ségur où l'on disait souvent peu ou prou : Dieu te regarde. Cela me terrifiait qu'il puisse connaître chacun de mes gestes. J'ai aussi longtemps récité le Notre Père le soir, avant de lui demander : faites que j'aie une bonne note au contrôle de demain, faites que tel garçon m'adresse la parole, faites...
Lorsque j'ai compris que mes notes ou les garçons n'avaient rien à voir avec Dieu, je cessai de croire en lui. Et je pus enfin commencer à croire en moi.
Et manger plein de chocolat.
Moi, je ne suis allée qu'au catéchisme. J'ai passé ce qu'on appelle la petite communion. Il ne m'en reste que le souvenir d'une photo, tête penchée simplement fière de porter une robe blanche, toute simple pourtant. Où est cette photo ? Seul souvenir à peu près agréable. Les autres : le curé qui me gronde parce que j'ai mangé l'ostie avant la communion. J'ai été trahie parce que je ne savais pas placer mes mains en forme de coupelle. Je les tendais à plat devant moi, comme les malentendants disent je t'aime. Il fallait être plus humble.
La dame qui nous faisait le catéchisme et nous tendait une boîte de biscuits en disant : prenez ceux que vous voulez, sauf ceux au chocolat ! Il fallait apprendre la frustration. Trouver la félicité ailleurs que dans le chocolat.
Cette même dame qui m'ouvre la porte, après que j'aie raté plusieurs séances parce que j'avais préféré jouer dans les arbres avec les copains et copines, et qui me lance, sourcils froncés : ah, une revenante ! Peut-être était-ce le sens de la robe blanche.
Et puis les dessins qu'il fallait faire, pour illustrer l'histoire de la bible. La dame qui me dit : fais-lui un petit sourire, à ta Marie.
Tu veux passer ta grande communion ? me demanda-t-on. Ce fut non, bien sûr non. Ouf, plus de catéchisme.
Dieu ne sortit pas de ma vie pour autant. J'avais été marquée par les récits de la Comtesse de Ségur où l'on disait souvent peu ou prou : Dieu te regarde. Cela me terrifiait qu'il puisse connaître chacun de mes gestes. J'ai aussi longtemps récité le Notre Père le soir, avant de lui demander : faites que j'aie une bonne note au contrôle de demain, faites que tel garçon m'adresse la parole, faites...
Lorsque j'ai compris que mes notes ou les garçons n'avaient rien à voir avec Dieu, je cessai de croire en lui. Et je pus enfin commencer à croire en moi.
Et manger plein de chocolat.
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